Mise en garde à l’utilisation de l’appellation Jésus-Christ

تحذير من استعمال اسم اليسوع المصلوب: Jésus-Christ

À l’intention des musulmans, auteurs et traducteurs, français et francophones

Mise en garde rédigée dans ma traduction L’unicité d’Allâh dans la Thora, l’Evangile et le Qour’ên, petite épître à notre voisin le chrétien, 1ère éd. 2008, p. ?, et 2ème éd., pp. 37-39, 2015, et disponible en ligne sur : https://kabyliesounna.com/lunicite-dallah-dans-la-thora-levangile-et-le-qouren/

Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên AYAD El Bidjê’î

Enseignant-chercheur en linguistique générale et en sciences du langage

Études doctorales en lexicologie et sémantique (terminologie islamique)

Études universitaires en sciences islamiques et en traduction

Au Nom d’Allâh, Le Tout-Miséricordieux, Le très-Miséricordieux

Dans « la Bible française », l’on trouve des versets qui nomment le Prophète et serviteur d’Allâh le Messie ‘Îcê: « Jésus-Christ ». À titre d’exemple, nous citons ce verset « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » Jean 17 :3.

Cependant, dans la version biblique arabe, au même verset est cité : « Jésus-Messie » au lieu de Jésus-Christ.

Il importe ici de signaler que le nom Jésus n’existait pas du vivant du Messie. Autrement dit, le Messie n’a jamais été nommé Jésus ni n’avoir été appelé un jour par ce nom lorsqu’il était vivant parmi son peuple. Les textes orignaux hébreux, araméens et grecs ne contiennent pas ce nom. Tout simplement, d’ailleurs, c’est parce que la Bible n’est pas française. Ce qui fait que les chrétiens français et francophones ne lisent pas la Parole divine, mais les paroles des traducteurs !

En fait, le mot Christ est un nom appartenant à une parenté lexicale ayant le sens de crucifier. Voyons ce qu’en disent certains dictionnaires français de référence : 

Le Larousse encyclopédique en couleur, Paris, 1995 mentionne : « 1. Le Christ : Jésus (v. partie n. pr.). 2. Représentation du Christ, notamment Sur la croix ; crucifix. Un christ d’ivoire. » 

Le Robert, dictionnaire historique de langue française, Paris, 1998, à l’article « Jésus », mentionne : « Le mot apparaît d’abord dans des emplois se référant au Fils de Dieu, mort sur la croix. » Ensuite il donne différentes utilisations diachroniques (qui ont apparu à travers le temps).

Le Hachette encyclopédique 2000, quant à lui, explique ce mot par ces termes : « 1. Celui qui est l’oint du Seigneur- le Christ : Jésus de Nazareth 2. Figure de Jésus crucifié. Un christ d’ivoire. Synonyme. Crucifix. » 

Notons que le Larousse et le Hachette s’accordent à donner comme synonyme de Christ, et de Jésus, aussi, le mot Crucifix. Cela prouve ce que j’avais fait remarquer au départ.

Au fait, la première définition confirmée par le Hachette montre clairement la modification qui a été opérée sur la Bible (particulièrement la version française). Car l’expression l’oint du Seigneur diverge catégoriquement avec le fait de dire crucifix ! Comment cela ? Parce que oindre veut dire rendu sacré par l’onction : rituel dogmatique connu chez les chrétiens. Tandis que le mot crucifix veut dire appliquer le supplice de mort à quelqu’un en le clouant à une croix. Comment cela se fait-il donc que ces dictionnaires utilisent, pour synonymes, des mots qui n’ont en fait aucun lien de sens entre eux ?

En termes de lexico-sémantique, il n’y a pas de sèmes partagés et même, non plus, d’isotopie (pour reprendre la conceptualisation du linguiste russe d’expression française, A.J. Greimas) entre les deux lexies oindre et crucifix, car il n’y a pas de relation d’identité entre elles, ce qui fait qu’elles soient dépourvues de relation d’équivalence sémantique, voire elles n’appartiennent même pas aux mêmes champs lexical et sémantique.

Alors comment dire que les deux termes sont synonymes ?!

Voilà pourquoi cela nous amène à dire que le fait religieux chrétien a influencé négativement le fait linguistique dans le processus lexicologique de ces deux occurrences oindre et crucifix, par le fait de les avoir catégorisées comme synonymes.

Il s’agit ici d’un embarras de taille dans la terminologie chrétienne. Car non seulement les écritures bibliques françaises ont été interpolées, mais une partie considérable du lexique religieux français souffre de graves problèmes.

Enfin, je conseille mes frères musulmans de ne pas appeler le Messager d’Allâh ‘Îçê  par le nom de Christ, puisque cela renferme un moyen, même si implicitement, d’attester qu’il a été crucifié, c’est-à-dire mis à mort sur la croix !

Contrairement à tous les chrétiens, nous, musulmans, savons que le Messie  n’a pas été tué ; c’est une croyance islamique appartenant aux fondements de l’islam.

Donc, ne disons pas par nos langues ce que nos cœurs (convictions) rejettent foncièrement et de façon catégorique.

N.B. 1 : Dans l’usage de la chronologie précédant le calendrier chrétien, l’on site couramment les siècles par l’abréviation de cette appellation, ainsi : 5ème, 3ème, 9ème siècle av. J.-C., par exemple.

N.B. 2 : Lire pour davantage d’éclaircissements, notamment sur la question des problèmes de « la Bible française », ma mise en garde Les chrétiens ne lisent pas la Parole divine, mais celle des traducteurs !, disponible sur :

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