L’islam, religion de l’effort et de la persévérance  

  Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên Ayad

 

La Louange est à Allâh, le Seigneur des mondes ; le Créateur des premiers et des derniers qui a dit [1] dans Son Noble Livre Il n’y a point d’être qui marche sur terre dont la subsistance n’incombe à Allâh qui connaît son gîte et son dépôt ; tout est dans un Livre explicite﴿ Hoûd, v. 06. Et que la Prière et le Salut soient sur Son noble Messager qui disait* dans ses invocations : «Ô Allâh ! Je me réfugie auprès de Toi contre les soucis et la peine, contre l’incapacité et la paresse, contre l’avarice et la lâcheté, contre le poids de la dette et la domination des hommes» [2].

La notion de l’œuvre en islam est souvent, comme pourrait le vérifier quiconque se réfère aux textes du Qour’ên et de la Sounna, accompagnée de celle de bien et de mal. Ce qui fait que, pour le Musulman pieux et ancré dans les enseignements de sa religion, le fruit réel de son effort ne soit pas seulement le résultat auquel il aboutit mais aussi la qualité de celui-ci. Voire, avant même de projeter à l’aboutissement de l’acte que l’on doit parfaire, l’attention doit être orientée vers la conception d’une intention qui serait bonne et légale. D’où émane la première condition de l’acceptation des œuvres, à savoir la sincérité (el Ikhlâs). La seconde étant celle du suivi de la Sounna (el moutêba‘a). Celle-ci est particulièrement caractéristique des actes religieux que l’on doit accomplir à la manière prophétique. Toutefois, à travers le Livre et la Sounna, nombre considérable de principes éthiques détermine ce caractère de bien fait ou mal fait inhérent aux œuvres quotidiennes, que le serviteur accomplit en dehors de celles qui sont typiquement religieuses. Ainsi retrouvons-nous complémentaires et parfaitement cohérents les versets et hadiths qui cadrent l’activité en islam, que ce soit celle appartenant directement au domaine cultuel tel que les différentes adorations, ou celle que l’on répertorie sous le volet des œuvres mondaines comme le travail par exemple.

Cela dit, nous nous intéresserons dans cet article à l’activité mondaine, à montrer ce qui ne devrait pas, en réalité, échapper à l’attention du musulman en quête de ses moyens d’existence. Serait-il également une occasion de ramener nos lecteurs et lectrices à méditer de près sur ce que l’islam donne comme moyens très sages et infiniment bénéfiques dans la recherche de la subsistance, sachant que celle-ci ne pourrait être déliée de leur vie future, de l’au-delà dont l’Agrément de notre Seigneur -à Lui la Pureté- reste le but et la visée de chaque croyant. J’énumérerai ainsi certains points importants qui sous-entendraient d’autres qu’on ne pourra pas retrouver ici par crainte de prolixité.

La foi, la véracité (ou véridicité) et la crainte pieuse : trois causes de subsistance et de bénédiction

Concernant le fait de recourir aux moyens de la vie, l’islam de par ses croyances focalise l’attention des musulmans à la fois sur les causes matérielles et religieuses. Cependant, les causes religieuses sont elles qui en constituent le socle. Cela revient au fait que tout don ne peut en vérité avoir lieu si ce n’est par la permission et la volonté du Créateur de cet univers, Allâh -à Lui Puissance et Majesté-. Ce qui, naturellement, devrait faire du croyant un serviteur conscient des commandements d’Allâh, de Ses ordres et de Ses injonctions au sujet de la recherche de tout ce qui conditionne son existence.

Partant de cette base, nous rencontrons souvent cités dans le Livre d’Allâh et les hadiths du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- des Textes se rapportant à la foi, la sincérité et la crainte pieuse. Ceci parmi beaucoup d’autres causes religieuses bien entendu. A ce fait, Le Tout Puissant dit Si les habitants des cités avaient cru et avaient craint pieusement [Allâh], Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. Mais ils ont démenti et Nous les avons donc saisi, pour ce qu’ils avaient acquis﴿ El A’râf, v. 96.

Commentant les sens de ce Verset, sa sommité l’érudit Ibn As-Sa‘dî -qu’Allâh lui fasse miséricorde- dit : «…Il (Allâh) a mentionné que si les gens des cités avaient véridiquement la foi au cœur qui sera confirmée par les œuvres, et avaient en plus de cela employé la crainte pieuse autant à l’apparence que dans leur fort intérieur en délaissant tout ce qu’Allâh a interdit, Il leur aura donc sûrement conféré les bénédictions du ciel et de la terre, aura fait pleuvoir le ciel en abondance et poussé l’herbe avec laquelle ils vivront ainsi que leurs bêtes la plus riche vie et en ayant la plus abondante subsistance, sans difficulté ni fatigue et sans peine ni harassement… »[3]. Et Il a dit aussi -qu’Il soit Très Haut- Et quiconque craint pieusement Allâh, Il lui donnera une issue favorable, et lui accordera Ses dons par là où il ne comptait pas. Et quiconque place sa confiance en Allâh, Il (Allâh) lui suffit﴿ At-Talâq (Le Divorce), v. 2-3.

Quant à la véracité et son impact sur la réalisation des œuvres de la manière la plus adéquate et qui permet, en outre, d’arriver à se pourvoir des bonnes choses de cette vie, elle est particulièrement exprimée dans le hadith du compagnon Ibn Mes‘oûd -qu’Allâh l’agrée- qu’il rapporta du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-  qui a dit : « Certes la véracité mène aux œuvres de bien, et les œuvres de bien mènent au Paradis ; et l’homme ne cesse de dire la vérité jusqu’à ce qu’on le mentionne auprès d’Allâh sous le nom de véridique. Et le mensonge mène certainement aux mauvaises actions (à la transgression des ordres divins) et les mauvaises actions mènent en Enfer ; et l’homme ne cesse de mentir jusqu’à ce qu’on le mentionne auprès d’Allâh sous le nom de menteur » [4]. De même qu’un autre hadith dont le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- met en exergue le lien de la véracité dans l’opération commerciale avec la bénédiction, qui est (aussi) une conséquence à laquelle la sincérité aboutit : « Le vendeur et l’acheteur restent libres (de conclure la vente ou de l’annuler) jusqu’à ce qu’ils se séparent. S’ils ont été véraces et ont démontré [les défauts éventuels] de leur marchandise, Allâh leur fera bénédiction dans leur vente. Par contre, s’ils ont caché ces défauts et menti, la bénédiction de leur vente sera anéantie »[5].

Cette version montre que la véracité est une qualité se traduisant autant par la parole que par l’acte, et qu’elle véhicule la bénédiction dans les opérations commerciales et autres. De même, cette narration dévoile la gravité de ce qui est contraire à la véracité, c’est-à-dire le mensonge qui est une cause d’annulation des bénédictions divines. Cela rejoint de près plusieurs Paroles d’Allâh[6] dans lesquelles Il incite à se conformer à Ses préceptes au sujet des relations interpersonnelles en général et à celles précisément relatives aux échanges financiers, tel qu’on peut le constater dans les Versets suivants  Et ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens, et ne vous en servez pas pour corrompre des juges pour vous permettre de dévorer une partie des biens des gens, injustement et sciemment﴿ El Baqara (La Vache), v. 188 ; et Sa Parole Et s’ils se maintenaient dans la bonne direction, Nous les aurions abreuvés, certes, d’une eau abondante, afin de les y éprouver. Et quiconque se détourne du rappel de son Seigneur, Il l’achemine vers un châtiment sans cesse croissant﴿ El Djinn (Les Djinns), v. 16-17 ; ainsi que Sa Parole Ceux qui mangent [pratiquement] de l’intérêt usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui que le toucher de Satan a bouleversé. Cela, parce qu’ils disent : « Le commerce est tout à fait comme l’usure ». Alors qu’Allâh a rendu licite le commerce et, illicite l’intérêt usuraire.﴿ El Baqara (La Vache), v. 275.

D’autres hadiths rappellent également cette réalité dont la Satisfaction d’Allâh (qui doit être la visée de tout croyant en se l’accordant par l’obéissance) est la condition de l’attribution des bénédictions divines, tel qu’on peut le constater dans le dire du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- : « Le Saint-Esprit a mis dans mon inspiration qu’aucune âme ne mourra jusqu’à ce qu’elle aura achevé son âge qui lui est attribué et complètement pris possession de sa subsistance (prédestinée) ; alors craignez pieusement Allâh et recourez aux moyens licites dans votre recherche de la subsistance, et que personne d’entre vous ne perpètre des péchés dans la quête de celle-ci à cause de la lenteur de son obtention ; car ce qui est auprès d’Allâh -qu’Il soit Très Haut- (Ses faveurs, dons, etc.) ne s’obtient que par Son obéissance »[7].

Je cite à la fin de ce passage l’imam Ibn El Qayyim -qu’Allâh lui fasse miséricorde- qui, en énumérant les conséquences néfastes des péchés, a dit ceci : « Et parmi ses (la désobéissance) punitions : c’est qu’elle anéantit la bénédiction de l’âge, de la subsistance, de la science, de l’œuvre et de l’obéissance. En somme, elle détruit la bénédiction de la religion et de la vie. Et ainsi tu ne trouveras pas quelqu’un de plus dépourvu de bénédiction dans son âge, sa religion et sa vie que celui qui désobéit à Allâh, voire la bénédiction n’est point anéantie sur terre qu’à cause des péchés des hommes ! »[8].

Le rôle de l’unicité et de la confiance en Allâh dans la recherche de la subsistance 

À travers ses préceptes et ses exhortations, l’islam apprend au musulman qu’il est un serviteur qui a tout le temps besoin de son Seigneur, ne pouvant jamais se détacher de Lui dans l’acquisition d’un bienfait ou le repoussement d’un mal. L’esprit de la relation verticale créature Créateur étant ainsi conçue, permet d’avoir sans cesse recours à Celui qui est Connaisseur et Capable de tout, ce qui fait naître un sentiment de confiance (At-Tawakkoul) sans faille, dont le fondement est le fait de s’en remettre à Allâh et de mettre en action les causes nécessaires à la réalisation de toute tâche.

De ce fait, l’on trouve par exemple les versets 75-82 de la sourate Ach-Chou‘arâ’ qui reformulent exhaustivement les sens exprimés en haut ; il s’agit des dires du père des Prophètes Ibrâhîm -prière et salut d’Allâh sur lui-, qui sont aussi une attestation claire de l’incontournable effet du Tawhid (unicité) sur la vraie confiance en Allâh, ce qui devrait par ailleurs motiver le musulman a en tirer sagesse et profit. Notre Seigneur -à Lui la Puissance- a dit Il dit : « Que dites-vous de ce que vous adoriez ? Vous et vos vieux ancêtres ? Ils sont toujours pour moi des ennemis sauf le Seigneur de l’Univers, qui m’a créé, et c’est Lui qui me guide ; et c’est Lui qui me nourrit et me désaltère ; et quand je suis malade, c’est Lui qui me guérit, et qui me fera mourir, puis me redonnera la vie, et c’est de Lui que je convoite le pardon le Jour de la Rétribution﴿ Ach-Chou‘arâ’ (Les Poètes), v. 75-82.

Aussi, dans l’une des plus petites sourates du Qour’ên, Allâh -qu’Il soit Béni- rappelle et intime aux gens de se conformer à Son adoration que l’on doit lui rendre avec unicité et exclusivité, un culte qui est à la base d’une gratification abondante des dons divins tels qu’Allâh l’a explicité en disant A cause du pacte des Qoraïch, de leur pacte [concernant] les voyages d’hiver et d’été. Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Kacba), qui les a nourrit contre la faim et rassuré de la crainte !)) Qouraych (Les Coraïch), v. 1-4. L’illustre érudit Ibn Kathîr -qu’Allâh lui fasse miséricorde- a dit dans son commentaire de cette sourate : « C’est pour cela que celui qui se conforme à cet ordre, Allâh lui réunira entre la sécurité d’ici-bas et celle de l’au-delà, alors que celui qui Lui désobéit en sera dépourvu tel qu’Il a dit -qu’Il soit Très Haut- Et Allâh propose en parabole une ville : elle était en sécurité, tranquille ; sa part de nourriture lui venait de partout en abondance. Puis elle se montra ingrate aux bienfaits d’Allâh. Allâh fit alors goûter [à ses habitants] la violence de la faim et de la peur [en punition] de ce qu’ils faisaient﴿»[9].

La Sounna, elle aussi, accorde une importance de premier plan au fait de placer notre confiance en le Créateur -qu’Il soit Très Haut- dans le but de nous pourvoir des besoins de ce bas monde, ceci notamment par son dire -prière et salut d’Allâh sur lui- : « Si vous vous remettiez à Allâh comme il se doit, Il vous accordera Ses subsistances comme Il nourrit l’oiseau qui sort le matin affamé et rentre le soir rassasié »[10]. Ce hadith stipule clairement que le recours aux causes de la subsistance est partie intégrante de la confiance en Allâh, cela est rendu par l’exemple de l’oiseau qui sort de son nid et va à la recherche de sa nourriture, ce qui lui permettra d’y revenir le soir apaisé de sa faim. En revanche, se livrer entièrement aux causes et considérer qu’elles sont le seul moyen pour réaliser une quelconque affaire est également un acte que l’islam réprouve catégoriquement. À cet égard, dans beaucoup de leurs livres, les savants de la Sounna tiennent compte de ce point précis. Il y a à titre d’exemple ce qu’a écrit l’explicateur de la croyance Tahawiyya Ibn Abi-l ‘Izz El Hanafî -qu’Allâh lui fasse miséricorde- : « Le fait de ne s’en remettre qu’aux causes, est un acte d’association dans l’unicité ; ne pas agir sur les causes de sorte à déclencher leurs effets et en faire des moyens [pour atteindre un objectif] est un défaut de compréhension, et rejeter totalement les causes est une offense à la Loi divine. La confiance et l’espoir en Allâh doivent donc être obligatoirement fondés sur l’unicité (le Tawhîd), sur la raison et la Loi divine»[11].

Et combien sont véridiques les vers du poète qui a dit[12] :

Délaisse la paresse dans ta recherche des bonnes choses,

Le paresseux n’est point heureux avec les bonnes choses,

Délaisse ce que tu soupçonnes pour ce dont il n’y a nul soupçon,

Voilà ce dont le maître des hommes a recommandé aux gens,

Aux meilleures affaires Mouhammed vous a invités,

Les hauts bouts des grappes de dattes ne sont pas comme les bas bouts.

À la fin de cet article, il importe de citer quelques propos très illuminés du savant Djamêl Ad-Dîn El Qêcimî -qu’Allâh lui fasse miséricorde- qui, afin d’inciter le musulman à servir et faire profiter ses frères, a écrit ceci : « Les hommes sages ont considéré que parmi les mères des vertus se trouve celle d’aimer son pays. Cela veut dire que l’individu fasse son possible pour mettre au bénéfice de son pays et de ses concitoyens tout ce qu’Allâh lui a accordé telle que la science, les biens, l’expérience et le conseil, et ce en toute circonstance et à tout moment. Ainsi il persévère dans sa fonction, se dévoue dans son commerce, ne triche pas dans sa profession et dépolie ses efforts afin d’améliorer sa situation même si en voyageant aux royaumes (pays) lointains dans le but d’acquérir une science qu’il mettra à l’avantage de sa communauté ou un métier duquel il bénéficiera dans son pays, ou encore un commerce par lequel il apportera à son pays ce qui est nécessaire ainsi que d’autres objectifs valables »[13].

Puisse Allâh nous accorder Ses grâces et bienfaits, nous attribuer Son aide et pardonner nos fautes, êmîn!

Gloire et Pureté à Toi Seigneur, Allâh notre Créateur et Adoré, et que la Prière et le Salut soient sur Ton Prophèteprière et salut d’Allâh su lui-.

…………………

[1]Rem. Les expressions Allâh a dit ; le Prophète a dit ne renvoient qu’à des traductions des sens des versets et hadiths.

[2]Rapporté par El Boukhârî.

[3]Consulter Teysîr El Karîm Ar-Rahmên, de Ch. As-Se ‘dî.

[4]Hadith unanimement reconnu authentique.

[5]Hadith unanimement reconnu authentique.

[6]Cela montre la grande interaction et complémentarité entre les Paroles d’Allâh -qu’Il soit Exalté- et les hadiths authentiques de Son Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-, ce qui constitue l’inébranlable force de la Révélation divine en islam, défiante et persuasive qu’elle est, elle donne ainsi la raison qu’elle soit la première religion embrassée dans le monde. Un fait (malgré son évidence éclatante) autour duquel les ennemis de cette religion ne veulent pas cesser de répandre le mensonge et semer l’amalgame. ((Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allâh, alors qu’il est appelé à l’Islam ? Et Allâh ne guide pas les gens injustes. Ils veulent éteindre de leurs bouches la Lumière d’Allâh, alors qu’Allâh parachèvera Sa Lumière en dépit de l’aversion des mécréants)). Sourate AsSaff (Le Rang), V. 7-8.

[7]Hadith rapporté par Abou Oumêma -qu’Allâh l’agrée-, voir Sahîh El Djêmi‘ du vétéran du hadith, le cheikh El Elbêni -qu’Allâh lui accorde une très large miséricorde-.

[8]Consulter El Djawêb El Kêfî d’Ibn El Qayyim.

[9]Lire le commentaire d’Ibn Kathîr au verset 3 de la sourate Qouraych.

[10]Rapporté par Ahmed, At-Tirmidhî et d’autres.

[11]Tiré du livre La confiance en Allâh et l’influence qu’elle exerce sur la vie du musulman, cAbd Allâh Ibn Djâr Allâh, traduction de Abdelaziz Hassan Youfédi, éditions et distribution Sana, Paris, 2ème éd. 2002. (Avec quelque adaptation de la traduction).

[12] Voir la note ci-dessous.

[13]Djawâmi ‘ El Êdêb Fî Akhlêq El Andjêb, Djamêl Ad-Dîn El Qêcimî, dans une compilation d’épîtres sur le comportement intitulée Racê’il Fi-l Akhlêq, compilation et classement de Mostapha Amîn ‘Atâ Allâh, éd. Dâr El Bacîra, Alexandrie, Égypte.