Le mérite de suivre la Sounna du Prophète 
-prière et salut d'Allâh sur lui!-
Par son Éminence, le cheikh
Docteur Mouhammed ‘Oumar Bazmoul 
Membre de l’équipe d’enseignement à l’Université Oumm el Qourâ
Faculté de la prédication et des fondements de la religion
Département du Livre et de la Sounna
Traduit de l'arabe et préfacé par
Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên Ayad
Enseignant-chercheur en sciences du langage
Études doctorales en lexicologie et sémantique
Études supérieures en sciences islamiques 
Études universitaires en traduction

 

بسم الله الرحمن الرحيم

Au Nom d’Allâh,

Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

 

Alphabet de translittération

 

 

D ض , ء
T ط B ب
DH ظ T ت
(ou) c ع TH ث
GH غ DJ ج
F ف H ح
Q ق KH خ
K ك D د
L ل DH ذ
M م R ر
N ن Z ز
H هـ S, C س
W و CH ش
Y ي S ص

 

Les voyelles longues ] ê, oû, î [ sont transcrites avec l’accent circonflexe, signe de l’allongement.

La voyelle (e) ouverte] ε [est superposée d’un accent grave ( ̀ (.

La géminée [Ach-chèdda], représentée par le diacritique (ω), en arabe, est translittérée par un doublement de la lettre emphatique.

N.B. La translittération adoptée dans cet ouvrage essaye de reproduire le plus correctement possible la prononciation des sons arabes, telle qu’elle est d’usage chez les Arabes.

 

Glossaire

 

Remarques importantes

  1. Tous les versets et hadiths contenus dans cet ouvrage ne sont que des traductions de sens.
  1. Les expressions Allâh a dit, le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit ne renvoient qu’à des traductions des sens des versets et hadiths.

 

  1. Le lecteur constatera un ensemble de termes islamiques qui n’a pas été traduit. En effet, par souci d’originalité terminologique religieuse, accentué par la nécessité de reproduire le plus fidèlement possible les sens que remplit chaque expression ou terme arabes, le recours au report immuable (à l’appui de la translittération) s’avère indispensable.

Outre la finalité de garder les sens identiques des tournures religieuses, l’inexistence de correspondants parfaits (comme pour Allâh et Qour’ên), de même que le facteur cultuel sont un élément qui nous motive à préférer cette démarche.

Es-Sèlèf AsSâlih : Terme qu’on désigne communément en français par le terme de pieux prédécesseurs. Il s’agit des pieux musulmans partant du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- et  ses compagnons, puis leurs successeurs, ensuite tous ceux qui suivent leur Voie jusqu’au Jour de la Résurrection. Parfois l’on utilise par extension seulement le terme Sèlèf (ou «salaf») pour faire allusion aux savants et pieux musulmans des trois premiers siècles méritoires. Le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- a témoigné de la prédilection et la piété de ces gens par son dire : « Les meilleurs gens sont ceux de mon siècle ; puis ceux du siècle qui le suit, ensuite ceux du siècle suivant». Hadith rapporté par El Boukhârî et Mouslim.[1]

Qour’ên : Littéralement veut dire récitation, lecture. Et conventionnellement, c’est la Parole d’Allâh -Béni et Exalté-, révélée à Son Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- par l’intermédiaire de l’Ange Djibrîl (Gabriel). Le Qour’ên contient 114 Sourates. La première est El Fêtiha  (l’Ouverture), et la dernière est An-Nês (les Hommes).

Dans cet ouvrage, comme d’ailleurs dans tous nos travaux, nous employons exclusivement la forme xénitique Qour’ên ; l’emprunt Coran étant porteur de nombre d’inepties lexico-sémantiques.[2]

Salât : Pratique obligatoire à accomplir cinq fois par jour par tout musulman responsable de ses actes (moukèllef). Elle commence par le tèkbîr (fait de dire Allâhou Akbar) et s’achève par le teslîm (fait de sire assalêm ‘aleykoum). Par différence de la prière, entièrement réservée à des invocations et des formules rituelles, la salât en islam comporte nombre d’actes dévotionnels appelés roukn (pilier) consistant dans la position debout, l’inclinaison, le redressement, la prosternation, et la position assise. Dans chacune de ces cinq positions, l’orant est tenu de prononcer, en plus de la récitation du Qour’ên dans la position debout, des formules de rappel bien déterminées. Cette pratique religieuse n’a pas de réalité égale dans les autres religions, c’est pourquoi nous avons préféré utiliser le xénisme salât.

Sounan (Sounèn) : C’est le pluriel du mot féminin Sounna. Linguistiquement, c’est la conduite et le mode. Conventionnellement, c’est tout ce qui a été annexé au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- concernant ses paroles, ses actes, ses approbations ainsi que ses  caractères moraux et physiques.

Fatêwa : C’est le pluriel du mot féminin fetwa. La fetwa est une sentence religieuse provenant d’un Savant soit pour statuer un jugement religieux quelconque, soit pour répondre à une question…

Sahîh : Cela veut dire authentique ; d’où les noms de Sahîh El Boukhârî, et Sahîh Mouslim.

 

NDT : Note du traducteur. On s’en sert pour expliquer, commenter, porter une remarque ou une note de bas de page.

Mouhêdjiroûn : Pluriel du mot masculin mouhêdjir. Ce sont les compagnons du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- émigrés à Médine.

Ansâr : C’est le pluriel du mot masculin ansârî. Les ansâr sont les compagnons du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-, médinois autochtones.

Têbi‘oûn : Pluriel du masculin têbi‘î. C’est la génération des pieux musulmans ayant vécu avec les compagnons après le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-. Cette dénomination leur revient du fait qu’ils suivaient avec excellence les préceptes du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- et de ses compagnons. L’équivalent de têbi‘oûn est successeurs.

 

Imam : Guide ou chef religieux, dans le sens qu’il est suivi par de très grandes masses de musulmans concernant la vérité qu’il démontre, pratique et propage ; d’où l’appellation connue de tous : les quatre imams [el a’imma el arba’a].

Teklîf : Le teklîf est le fait de responsabiliser un musulman quant à l’application des Textes de la charia. L’âge de teklîf commence avec la puberté à l’apparition de certains signes physiques chez les garçons et les filles, telles que la poussée des poils pubiens, l’éjaculation, etc.

Tewhîd : Terme islamique couramment traduit par l’Unicité, ou unicité d’Allâh. Il s’agit d’unifier Allâh -Exalté soit-Il-. Il comprend trois types : Tewhîd Ar-Rouboûbiyya (Unicité en la Seigneurie), Tewhîd El Ouloûhiyya (Unicité en l’adoration) et Tewhîd el esmê’ w-assifêt (Unicité en les Noms et Attributs divins).

 

[  ] : Les deux crochets servent à ajouter dans la traduction une phrase ou un segment de phrase indispensables à la compréhension de la phrase les précédant. Celle-ci pourrait être soit incomplète soit ambigüe.

(  ) : Les parenthèses servent à expliquer ou désambigüiser une expression ou une tournure incomprise en français.

 

Préface

 

«Louanges à Allâh qui nous a guidés à cette religion. Nous ne serions certes pas guidés si ce n’était Allâh qui nous a guidés. Et que la prière et le salut soient sur notre Messager Mouhammed, qui, grâce à ses hadiths et ses sounèsn authentiques nous sommes guidés. C’est à lui que la Parole d’Allâh -Très-Haut soit-Il- dans le Noble Qour’ên est adressée Et en vérité tu guides vers un chemin droit﴿ Ach-Choûrâ, (La Consultation), v. 52.

 

Et que la prière et le salut soient également sur sa famille et ses illustres et bénis compagnons, lesquels Allâh a loués avec Sa Parole Les tout premiers croyants parmi les Émigrés (Mouhêdjiroûn) et les Auxiliaires (Ansârs) et ceux qui les ont suivi dans un beau comportement, Allâh les agrée, et ils L’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les Ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l’Énorme Succès﴿ At-Tewba (Le Repentir ou le Désaveu), v. 100 ; de même que sur tous ceux qui les ont pris pour modèle et qui ont emprunté leur voie, jusqu’au Jour de la Rétribution».[3]

 

Allâh -qu’Il soit Très-Haut- dit dans Son Noble-Livre C’est Lui qui a envoyé à des gens sans Livre, un Messager des leurs qui leur récite Ses versets, les purifie, et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ils étaient auparavant dans un égarement évident﴿ El Djoumou‘a (Le Vendredi), v.  02.

Le cheikh As-Sè’dî -qu’Allâh lui fasse miséricorde- a commenté ce verset en disant : « Leur enseigne le Livre et la Sagesse﴿, cela veut dire la Science du Qour’ên et de la Sounna qui englobe les sciences des premières et dernières générations ; ce qui leur a valu d’être, suite à cet enseignement et purification, les gens les plus doctes, voire les guides des gens de la Science et de la religion, les hommes les plus accomplis en caractères, les meilleurs en conduite et en vertu. Ils ont suivi la guidé et guidé autrui, et sont devenus les imams des guidés  et les guides des croyants. Allâh leur a certes attribué par l’envoi de ce Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- la plus parfaite faveur, le plus vénérable don ». Teysîr el karîm Ar-Rahmên fî tefsîr kalêm el Mannên (Facilitation du Généreux, Le Tout-Miséricordieux, dans l’exégèse de la Parole du Gratificateur).

Allâh -Pureté à Lui- dit aussi En effet, vous avez dans le Messager d’Allâh un excellent modèle (à suivre), pour quiconque espère en Allâh et au Jour Dernier et invoque Allâh fréquemment﴿ El Ahzêb (Les Coalisés), v. 21. Commentant ce verset, ledit cheikh énonce : « L’excellent modèle à suivre est dans le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-. Très certainement, son suiveur emprunte le sentier qui fait parvenir à la Générosité d’Allâh. Ce sentier est le droit chemin ».

 

Cela dit, ces versets ainsi que leurs commentaires explicitent de toute évidence le grand profit que recouvre la Sounna du Messager Élu : Mouhammed -prière et salut d’Allâh sur lui-. Son suivi fructifie sans aucun doute de nobles effets sur le musulman, sur son comportement, son relationnel, son adoration, voire sur toute sa vie d’ici-bas et sur celle de l’au-delà.

Suivre la Sounna, c’est connaître le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-, apprendre la Science qu’il lui est révélée de la part de son Seigneur -Tout-Puissant-. Le suivre, c’est l’aimer et le préférer à tout le monde.

Car c’est cet amour qui, une fois véridique, motivera le croyant à observer la plus optimale possible pratique des commandements d’Allâh -à Lui la Pureté-. Voilà le critère de la véridicité dans l’amour d’Allâh et de Son Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-. Allâh -Majesté à Lui- a dit Dis : «Si vous aimez vraiment Allâh, suivez-moi, Allâh vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allâh est Pardonneur et Miséricordieux﴿ Êl ‘Imrân, (La Famille d’Imran), v. 31.

De plus, pratiquer la Sounna implique de s’éloigner complètement de toute hérésie et innovation religieuses [el bidè‘ we-l-mouhdèthêt]. Ceci exige d’être continûment lié aux savants fiables de la Nation : les Gens de la Sounna et du Groupe [Ehl As-Sounna we-l-Djèmê‘a].

Ainsi les actes statués par eux comme faisant partie des enseignements prophétiques, nous les pratiquons. Par contre, quand ils jugent que tel ou tel autre acte est hérétique, notre devoir  sera de le délaisser et d’en mettre en garde nos frères et sœurs.

Ce fait est indiqué par la règle islamique stipulant qu’« II appartient à Allâh de légiférer, au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- de transmettre, et à nous d’appliquer ». Et le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit : « Certes, les oulémas sont les héritiers des Prophètes ».[4]

À cet égard, j’attire l’attention de nos frères, particulièrement les jeunes d’entre eux, et leur dis : rapprochez-vous des savants et des cheikhs, prenez contact avec eux par les différents moyens de communication qui sont aujourd’hui divers et variés et rapidement accessibles à la connaissance. Assistez à leurs assises, téléphonez-leur, écrivez-leur, visitez-les, consultez-les, lisez leurs livres et écoutez et visionnez leurs conférences.

Il faudrait vous relier à eux et demander leurs orientations. Ces gens de la Science et de la Sounna sont inévitablement, jeune musulman, eux qui vont t’éclairer le droit chemin. Celui de tes pieux prédécesseurs. Allâh -qu’Il soit Très-Haut- a fait qu’aucun siècle ne manquera de ces hommes porteurs de l’Héritage du Prophète Mouhammed -prière et salut d’Allâh sur lui- : sa science et sa Sounna.

Il incombe de ce fait à tout croyant s’intéressant à sa religion de chercher à connaître qui sont, à notre époque, les savants qui font partie de ce groupe de la Sounna, de garder à l’esprit la parole de nos pieux prédécesseurs : « Connais la vérité, tu connaîtras ses partisans. », et leur parole : « On connaît les hommes par la vérité, et on ne connaît pas la vérité par les hommes ».

Cela étant dit, le lecteur trouvera en lisant cet excellent ouvrage des éclaircissements et explications inestimables sur le suivi des enseignements prophétiques. Car, soucieux de la situation pénible de beaucoup de musulmans à notre époque, alourdie par les effets néfastes de l’ignorance, des hérésies et des superstitions, le Cheikh Mouhammed Bazmoul -Qu’Allâh le préserve-, par des paroles éclairantes, s’est employé à déployer l’efficace remède à adopter.

Tout ceci avec un enrichissement religieux appuyé par des preuves émanant du Qour’ên, de la Sounna, et des paroles de nos pieux prédécesseurs, qui démontrent aussi bien les bienfaits du suivi de la Sounna que les conséquences funestes de s’y opposer ou d’en s’en détourner. Puisse Allâh le récompenser pour ses efforts d’enseigner les préceptes de l’islam et de les propager entre les gens, êmîn !

Enfin, je ne me distrais pas de l’éthique de remercier vivement tous ceux qui m’ont aidé à mettre cette traduction à terme, dont se trouve à leur tête  son Éminence le cheikh ‘Abd El Ghani Aoussat. Je prie Allâh qu’Il fasse de nous des musulmans bien-guidés, du nombre de ceux qui se cramponnent au Livre et à la Sounna suivant la compréhension des prédécesseurs de cette Nation, êmîn ! Et notre dernière invocation est Louanges à Allâh, Le Seigneur de l’univers.

 

Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên Ayad

Au mois de chè‘bên 1426/octobre 2005 G.

Relecture : rabî‘ ath-Thênî 1438/janvier 2017 G.

aboufahimaayad@gmail.com

Avant-propos

Certes, la Louange est à Allâh, nous le louons, implorons Son Secours et  Lui demandons le Pardon. Nous nous protégeons par Allâh contre le mal de nos propres âmes et contre les maux engendrés par nos mauvaises actions. Celui qu’Allâh guide, nul ne pourra l’égarer, et celui qu’Il égare nul ne pourra le guider. Et j’atteste qu’il n’y a point de dieu à part Allâh, Seul sans aucun associé, et j’atteste que Mouhammed est Son serviteur et Messager.

Ô vous qui croyez! Craignez Allâh comme il doit être craint, et veillez à ne mourir qu’en musulmans !﴿ Êl ‘Imrân (La Famille d’Imran), v. l02.

Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être et qui, ayant tiré de celui-ci son épouse, fit naître de ce couple tant d’hommes et de femmes ! Craignez Allâh au Nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens de sang. Certes, Allâh vous observe en permanence. ﴿ An-Nicê’ (Les Femmes), v. 01.

 Ô vous qui croyez ! Craignez Allâh et parlez avec droiture, afin qu’Il réforme vos œuvres et absolve vos péchés. Quiconque obéit à Allâh et à Son Messager obtiendra un immense succès.﴿ El Ahzêb (Les Coalisés), v. 70-71.

Après cela : certes, la Parole la plus véridique est celle d’Allâh, et la meilleure conduite est celle de Mouhammed -Prière et Salut d’Allâh sur lui-, et les choses les plus mauvaises sont les innovations religieuses, et toute innovation religieuse est hérésie, et toute hérésie est égarement, et tout égarement est voué au Feu de l’Enfer.

Cela dit, le livre que vous avez entre les mains est une conférence que j’ai réalisée en me basant sur les éléments suivants :

  • Définition de la Sounna.
  • Les types de la Sounna.
  • Les fruits de suivre la Sounna. Ils se présentent comme suit :

1- Elle est le moyen qui sauve de la discorde.

2- Elle est le sentier qui délivre de la division.

3- Elle est le chemin qui sauve les gens de l’égarement.

4- L’appartenance à la Sounna renferme l’honneur d’appartenir au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-.

5- En la suivant, nous nous délivrons des sentiers du diable.

6- Le suivi de la Sounna concrétise la pratique de la religion.

7- Avec le suivi de la Sounna, les musulmans se délivreront  de l’humiliation et de la faiblesse qui les accablent.

 

8 – La Sounna contient la description du mal et de son remède.

 

9- Par elle se concrétise la perfection des bons et vertueux caractères.

10- Avec son suivi, le musulman sera sauvé du douloureux châtiment : du Feu de l’Enfer.

11-  Grâce à la Sounna, le musulman entrera au Paradis.

12- Par la Sounna se revivifie la Sounna !

Sommairement, le contenu de cette conférence se polarisera sur ces points. Le voici maintenant dans le détail :

Le premier élément de la conférence :

 

Définition du terme de Sounna :

A— Du point de vue linguistique :

C’est la conduite et le mode. Lorsque tu dis : untel est sur la Sounna d’untel, cela veut dire qu’il suit sa conduite. C’est cela le sens linguistique de la Sounna.

   B— Du point de vue conventionnel :

C’est de suivre les ordres qui ont étés intimés par le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- et de s’abstenir de toutes les choses qu’il a rendues interdites. Dans la législation musulmane, cela englobe tout ce qui est instauré par le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- concernant les affaires obligatoires et recommandables, et de délaisser les affaires illicites et détestables. Puis plus tard, les oulémas ont eu une conception consentie de la Sounna.

La Sounna chez les  spécialistes des sciences du hadith (les mouhaddithoûn) : C’est tout ce qui a été annexé au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- en tant que parole, acte, approbation (Teqrîr), ainsi que les caractères moraux et physiques.

Concernant ce qui a été annexé au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-  au sujet de la parole : Cela veut dire chaque hadith contenant un propos du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- comme dans celui de ‘Oumar Ibn El Khattâb -qu’Allâh l’agrée- lorsqu’il a dit : « J’ai entendu le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- dire : ”Les actions ne valent que par les intentions, et à chacun sa [rétribution] selon son intention” ». Ceci est une Sounna orale (qawliyya).

Tandis que la Sounna pratiquée en tant qu’acte (fi‘liyya) : C’est de nous transmettre que le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- faisait telle chose et délaissait telle autre, tel que le propos de Anas -qu’Allâh l’agrée- : « Le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- aimait [manger] la courgette ». Ceci est un acte du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-.

                                                                                                                                                       

Il fait aussi partie de la Sounna pratiquée, les actes que faisait le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- dans la Salât, la Zakêt (l’aumône annuelle), le Siyâm (le jeûne), et le Hadjdj (le pèlerinage à la Mecque) ; toutes ces œuvres rentrent dans la Sounna fi’liyya (pratiquée).

L’approbation (At-Teqrîr) quant à elle, est la Sounna At-Teqrîriyya, c’est-à-dire approbative. C’est quand on faisait un acte devant le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-, ou à son époque alors que la Révélation était encore en phase de manifestation, et le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- ainsi que la révélation l’attestaient, ne le désavouaient pas et ne la changeaient pas. Ainsi, cela devenait une approbation légale de l’acte. Mais, l’indication de la Sounna approbative, à elle seule, qu’un tel acte est souhaitable à faire est faible !

Le caractère moral :

C’est ce qu’il nous a été transmis des caractères du Prophète-prière et salut d’Allâh sur lui-. Comment étaient-ils. On a une fois demandé à ‘Âicha -qu’Allâh l’agrée- : « Comment était le caractère du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- ? » Elle a dit : « Son caractère était le Qour’ên ».[5]

Tandis que le caractère physique concerne tout ce qu’il nous a été fait part sur son aspect -prière et salut d’Allâh sur lui-. Par exemple, il est cité dans certains hadiths que le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- était de taille moyenne, ni grand ni petit; quand il se tenait debout entre des personnes de grande taille, il les dépassait. Et qu’il était -prière et salut d’Allâh sur lui- de peau blanche, son visage était comme un brin de lune, il était -prière et salut d’Allâh sur lui- comme ceci comme cela…», ainsi que d’autres choses évoquées au sujet de ses traits physiques -prière et salut d’Allâh sur lui-.

La Sounna chez les spécialistes du hadith est donc ce qui est propre au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-. Que ce soit une parole, un acte, une approbation, ou un caractère moral ou physique.

La Sounna chez les spécialistes des fondements et les spécialistes de la jurisprudence islamique (el Ousôliyyoûn et el Fouqahê’) : 

Pour eux, cela traite de ce qui est ajouté ou annexé au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- au sujet de la parole, l’acte et l’approbation.

Cela parce que le savant du Fiqh et le savant des fondements (el Ousôl) considèrent la Sounna du point de vue qu’elle est une preuve légale. Ainsi, pour eux, il ne revêt le caractère de preuve que ces trois types : la parole, l’acte, et l’approbation.

De plus, les spécialistes du Fiqh, lorsqu’ils citent la Sounna de ce côté-là, ils précisent qu’ils ont une autre appellation pour la désigner, qui a le sens de souhaitable et de recommandable (El Moustahebb et El Mèndoûb). Ils la classent parmi les degrés du jugement légal d’imposition. Ils disent : les jugements légaux sont au nombre de cinq : l’obligatoire, l’interdit, le détestable, le permis, et le souhaitable. Le souhaitable est parfois désigné par le terme mèndoûb (recommandable), et parfois par le terme as-sounna.

Cependant, il est répandu parmi certains gens que la Sounna est seulement le souhaitable. Ainsi celui qui la pratique sera récompensé, et celui qui ne la pratique pas ne sera pas châtié. Alors qu’en réalité, ce terme est récent ; les fondamentalistes et les gens du Fiqh se sont accoutumés à l’utiliser afin de démontrer le degré d’un jugement légal d’imposition (Teklîf).

De ce fait, il ne nous sera pas correct de commenter le terme « Sounna », à chaque fois qu’il est cité dans un hadith du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- ou dans les paroles des compagnons, des successeurs des compagnons (Tâbi‘oûn) ou des grands imams, par le sens du souhaitable seulement.

C’est pour cela que les imams prédécesseurs, et les éminents imams des trois meilleurs siècles qui ont réalisé et composé des ouvrages, ont des livres intitulés Les livres de la Sounna. Ils englobent les thèmes de Croyance, dont celui qui s’y oppose devient mécréant. Figurent parmi ces derniers, le livre As-Sounna  d’Ibn Abî ‘Âsim, le livre As-Sounna de ‘Abd Allâh Ibn Ahmed Ibn Hènbèl et celui d’El Meroizî et d’autres.

II ne convient donc pas à l’homme de se presser d’expliquer le terme de sounna, ―quand il est évoqué dans les paroles des compagnons, des imams successeurs, ou des grands imams― uniquement par celui de souhaitable. Car ceci est un concept nouveau avec lequel on ne doit pas commenter les paroles de ces gens.

Quels sont les types de la Sounna ?

La Sounna est catégorisée en deux types :

1— Une Sounna explicite (sarîha) :

C’est la Sounna dont l’appartenance au Messager est certaine et  est apparente. On vous fait parvenir par exemple, dans un hadith, des expressions comme : « Le Messager d’Allâh a dit… », « Le Messager d’Allâh a fait… », « Le Messager d’Allâh était ainsi… » ; « Il est arrivé telle ou telle chose avec le Messager d’Allâh. » L’addition au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- est donc évidente ; c’est cela la Sounna explicite.

2— Une Sounna implicite (dimniyya) :

C’est une Sounna qui échappe à l’esprit de certains gens. C’est celle dont l’évocation du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- n’apparaît pas explicitement. Toutefois, son jugement est le même que celui de la Sounna explicitement attribuée au Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- (Merfoû‘a).

Qu’en est-il de cette Sounna ?

A— Les paroles des compagnons qui ne peuvent relever ni d’une opinion personnelle ni d’un effort intellectuel. Car du moment que ces dires sont tels, d’où parviennent-ils alors, et d’où les ont-ils recueillis ? Ils les ont pris du Messager.

B— La parole d’un compagnon qu’aucun autre compagnon n’a contredite : Celle-ci a aussi le même statut que la Sounna attribuée directement au Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-. Il y a certains gens de Science qui disent que c’est une forme de consensus silencieux (idjmê‘ soukoûtî). En effet, quand le compagnon énonce sa parole [sur une affaire donnée] et que les autres compagnons ne la refusent pas, cela est donc une preuve que cette parole est une sounna. Soit elle est une sounna explicite au vu de cette approbation, soit elle a obtenu le degré de preuve par l’accord des compagnons. De là, son statut devient celui du consensus silencieux.

C— La parole du compagnon à propos des causes de la Révélation (d’un verset) : Les causes de la descente [des versets] du Noble Qour’ên. Cela est aussi du même jugement que la Sounna attribuée directement au Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- (Merfoû‘a), si la formule avec laquelle le compagnon a exprimé la cause de la Révélation est explicite, tel que de dire : « Telle chose est advenue, par conséquent Allâh a révélé tel verset. » Dans un pareil cas, il est évident que cet événement a eu lieu à l’époque du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-.

D— La parole du compagnon concernant le commentaire d’un hadith qu’il rapporte : Certes, le compagnon, lorsqu’il entend un hadith directement du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-, connaît les indices qui l’ont entouré. Ce qui fait que son explication pour ce qu’il rapporte de la part du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-  soit prioritaire à celle de quiconque.

 

Bien plus, il est fort possible, qu’à la base, la compréhension ou le sens que le compagnon a donné au hadith qu’il a relaté l’ait bénéficié du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-.

Toutes ces catégories (les paroles des compagnons) s’inscrivent dans le type de la Sounna implicite à laquelle certaines personnes ne font pas attention. Mais, les gens du hadith sont les hommes les plus attentifs à son égard. C’est pourquoi, lorsqu’ils composent des chapitres de hadiths, ils citent le hadith (Merfoû‘), qui est renvoyé directement au Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-, et les hadiths (Mewqoûf), qui sont attribués directement aux compagnons ; car ils ne manquent pas de contenir une argumentation ou de faire allusion à une Sounna parmi les Sounan.

Voilà pourquoi il appartient à l’étudiant en science islamique de s’occuper fort bien de ce qui est parvenu de la part des compagnons en matière des questions religieuses. Ce domaine est pourtant sujet aux négligences concernant les points ci-dessous :

Le premier :

La majorité du temps, la distinction entre les paroles authentiques et les paroles faibles n’est pas prise en compte.

Le deuxième :

Le fait de ne pas citer la parole du compagnon dans l’affaire en question.

Le troisième :

S’empresser à attribuer au compagnon une de ses deux paroles [qu’il a avancées diversement sur une même affaire], sans s’assurer si celle-ci est la dernière par laquelle il en a tranché ou non.

 

Les fruits de suivre la Sounna :

Après avoir pris connaissance de la définition du terme de Sounna, ainsi que de ses types, nous vous parlerons à présent du mérite de la suivre ; des bienfaits que le musulman se verra attribuer en se conformant à la Sounna du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-.

Je dis donc en guise d’introduction à ces fruits ou bienfaits :

Le fait de parler de la vertu de se conformer à la Sounna est le fait même de parler de l’islam entier, avec ses législations, ses sagesses parfaites, et ses règles de politesse.

Car la Sounna est en vérité la religion toute entière. Allâh -qu’Il soit Exalté- a dit et quiconque désire une religion autre que l’islam, ne sera point agréé, et il sera dans l’au-delà, parmi les perdants. Comment Allâh guidera-t-Il des gens qui n’ont plus la foi après avoir cru et témoigné que le Messager est véridique, et après que les preuves leur sont venues ? Allâh ne guide pas les gens injustes. Ceux-là, leur rétribution sera qu’ils auront contre eux la malédiction d’Allâh, et ils n’auront aucun répit, excepté ceux qui par la suite se repentiront et se réformeront : car Allâh est  certes Pardonneur et Miséricordieux﴿ Êl ‘Imrân (La Famille d’Imran), v. 85-89.

La religion est donc l’islam, et l’islam est la Sounna ; alors, la religion est la Sounna.

Dans cette conférence, je vais essayer de projeter la lumière sur les plus importants mérites de suivre et d’embrasser la Sounna. Puisse Allâh faire de nous des sounnis !

Je dis donc en implorant l’aide d’Allâh : Parmi les plus considérables fruits et bienfaits, il y a ce qui suit :

 

Le premier fruit :

Suivre la Sounna empêche de tomber dans la divergence blâmable qui éloigne de la religion.

 

La divergence répréhensible, qui est une caractéristique de faiblesse. Nul n’en est à l’abri, si ce n’est par l’obéissance à Allâh et à Son Messager. Allâh -Très-Haut- a dit Et obéissez à Allâh et à Son Messager ; et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdez votre force. Et soyez endurants﴿ El Anfêl (Le Butin), v. 46. Car, il y a certes, dans l’observance et la pratique de la Sounna, un acte de soumission à Allâh et à Son Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-. C’est bien cela le sentier qui sauve du désaccord condamnable.

At-Tirmidhî a recueilli dans ses Sounan, dans le livre de La Science, chapitre « À propos du suivi de la Sounna et de l’écartement des hérésies (bidè’) », et Aboû Dêwoud dans le livre de La Sounna, dans ses Sounan, chapitre «Du fait de s’appliquer à la Sounna », d’après El ‘Irbâd Ibn Sêriya : « Le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- nous a fait un jour après la Salât d’El Ghadêt (l’aube) un sermon éloquent qui fît couler nos larmes et remplit nos cœurs de crainte. Un homme dit alors : ‘’Certes cela est le sermon de quelqu’un qui fait ses adieux. Que nous confies-tu, ô Messager d’Allâh !’’ Le Prophète dit : ‘’Je vous recommande la crainte pieuse d’Allâh et l’obéissance [au gouverneur], ne serait-ce un esclave éthiopien. Celui d’entre vous qui vivra verra une grande discorde. Méfiez-vous des innovations religieuses, car elles sont certes un égarement. Que celui qui assiste à cette discorde s’accroche à ma Sounna et à celle des califes droits et bien-guidés. Saisissez-la fortement par vos dents!’’ ».

Et dans la version d’Ibn Mêdja (le compagnon en question) dit : «  Le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- a ainsi dit : ‘’Je vous ai laissés sur une voie toute blanche (claire), de  jour comme de nuit. Il ne s’en dévie après moi qu’un homme voué à la perdition. Celui qui vivra d’entre vous verra une grande discorde. Accrochez-vous alors à ce que vous reconnaîtrez de ma Sounna et à celle des califes droits et bien guidés. Saisissez-la fortement par vos dents[6]. Ayez l’obéissance [au gouverneur], même si c’est un esclave éthiopien. Car, certes, les croyants sont tel un chameau docile, il s’oriente dans le sens vers lequel il est dirigé ‘’».

Cette recommandation faite par le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- est un aphorisme.[7] C’est un des plus importants fondements de la religion.

Ce hadith explicite comment doit être la relation avec Allâh lorsqu’il a dit -prière et salut d’Allâh sur lui- : « Je vous recommande la crainte pieuse d’Allâh ».

Aussi la relation avec la société : « Ainsi que l’obéissance [au gouverneur], même si c’est un esclave éthiopien. Celui d’entre vous qui vivra verra une grande discorde. Méfiez-vous des innovations, car elles sont égarement. Que celui d’entre vous qui assiste à cette discorde, s’accroche à ma Sounna et à celle des califes droits et bien guidés. Saisissez-la fortement par vos dents ». La relation avec soi-même ; il l’a stipulée en recommandant la crainte pieuse, de même que de s’accrocher à la Sounna.

Cette recommandation nous confirme effectivement une vertu et un des fruits de suivre la Sounna du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-.

Ce hadith d’Aboû Nadjîh El ‘Irbâd Ibn Sêriya comporte une information sur une chose qui arrivera. La quelle ?

Il a informé en fait qu’il y aura une grande discorde entre les musulmans par rapport à son époque -prière et salut d’Allâh sur lui- : «  Celui d’entre vous qui vivra verra une grande discorde » !

Quel en est donc le salut ?

Comment s’en sortir ?

Comment s’en délivrer ?

Il a dit : « Accrochez-vous à ma  Sounna et à celle des califes droits et bien guidés qui me succéderont. Saisissez-la par vos dents ».

 

Cela dit, le premier fruit, donc, et le premier mérite du suivi de la Sounna est que tu te préserves, par elle, sur le chemin qu’ont cheminé le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- et ses compagnons ; que tu te mettes à l’abri du désaccord blâmable ; que tu te protèges du mal d’entrer dans les affaires de discorde et de division que l’islam a condamnées ; que tu t’attaches à la Sounna.

C’est une règle établie de la part du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-. Nous devons l’apprendre et l’inculquer aux gens. Nous leur dirons : Si une quelconque affaire survient et que les choses vous sont confuses, et ne savez pas si elle est permise ou non ? Regardez donc si la position du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- ainsi que ses compagnons la confirme. Ceci est une norme que le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- nous a apprise. Il dit : « Et celui qui d’entre vous vivra verra une grande discorde … »

 

En outre, sa parole : « Qu’il s’accroche à ma Sounna », cela veut dire qu’il s’applique à ma Sounna. « Et à la Sounna des califes droits et bien guidés. » Car ils n’ont pratiqué que ma Sounna. Le fait d’avoir joint sa Sounna à eux, est dû soit parce qu’ils la pratiquaient, soit parce qu’ils la déduisaient et la choisissaient. Sans aucun doute, la conduite des compagnons du Prophète, était la même que la sienne. Ils étaient les gens les plus attentifs à elle. Ils la pratiquaient le plus souvent et dans toute chose.

De toutes les manières, les compagnons prenaient garde à ne pas le contrarier dans les plus petites affaires. Et que dire alors des plus grandes. Et lorsqu’ils se trouvaient dans des situations où la preuve du Livre d’Allâh et de la Sounna de Son Messager leur faisait défaut, ils pratiquaient l’avis qui leur résultait après examen, recherche, consultation mutuelle et réflexion. Puis, cet avis de leur part est plus en droit d’être suivi que l’avis de quelqu’un d’autre quand la preuve manque.

Abou Hêtim Ibn Hibbên -qu’Allâh lui accorde Sa miséricorde- a dit : « II y a dans sa parole : « Accrochez-vous à ma Sounna ! », lorsqu’il a évoqué la discorde qui atteindra sa Nation, une annonce claire pour s’appliquer à exercer les Sounan et les prendre pour principe, sans considérer les autres avis du groupe sauvé le Jour de la Résurrection. Qu’Allâh nous joint à lui par Sa Grâce ! »

Ensuite, il a conçu -qu’Allâh lui fasse miséricorde!- un chapitre « rappelant à l’homme l’obligation de s’astreindre aux Sounan de l’Élu -prière et salut d’Allâh sur lui- ; de se méfier de tous ceux qui les refusent parmi les innovateurs, même s’ils donnent une bonne apparence à leur tendance et l’embellissent.» Fin de citation.[8]

Le deuxième fruit :

Suivre la Sounna et s’y appliquer sauve de la division dont les partisans sont menacés d’être du nombre des gens de l’Enfer.

 

Certes, il y a du désaccord. Mais il se pourrait qu’il n’atteigne pas le degré de division. Le hadith susmentionné explicite comment doit être la relation avec Allâh ; le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit : « Je vous recommande la crainte pieuse d’Allâh ».            

 

Ibn Mêdja a recueilli un hadith, d’après Anas Ibn Mêlik : «  Le Messager d’Allâh a dit : ‘’Certes, les enfants d’Israël se sont divisés en soixante et onze sectes, et ma Nation se divisera en soixante douze sectes. Elles entreront toutes au Feu excepté une : c’est El Djamê‘a (le Groupe)’’».

At-Tirmidhî a rapporté, d’après ‘Abd Allâh Ibn ‘Oumar : Le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- dit : ‘’II arrivera certes à ma Nation ce qui est arrivé aux enfants d’Israël sur mesure. Les fils d’Israël se sont fractionnés en soixante douze sectes, et ma Nation se divisera en soixante treize groupes : ils seront tous dans le Feu excepté un’’. Ils dirent [les compagnons] : ‘’qui est-il, ô Messager d’Allah?’’ : ‘’C’est celui qui suivra ce que moi et mes compagnons suivons.’’ Dit-il -prière et salut d’Allâh sur lui-».

Et d’après Mou‘êwiya Ibn Abî Soufyên : « Le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit : « Ceux qui étaient avant vous parmi les gens du Livre se sont désunis en soixante douze sectes, et cette religion se divisera en soixante treize fractions, soixante douze seront dans le Feu, et une seule sera dans le Paradis : c’est El Djamê‘a (Le Groupe)’’ ».[9]

Ce hadith met en évidence le fait que l’observance de la Sounna du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- place l’observant à l’abri de la désunion répréhensible.  Tandis que les sectateurs sont menacés d’entrer en Enfer.

Quand j’ai parlé du premier fruit, j’avais cité le désaccord. Celui-ci peut avoir lieu, mais sans pour autant que cela mène à la division.

Donc, ton suivi à la Sounna te préservera certainement de la discorde.

D’autres oulémas ont signalé la possibilité que le hadith précédent soit Moutèwêtir [cela veut dire qu’il est relaté par plusieurs rapporteurs avec des chaînes narratives différentes, NDT]. Il est rapporté par Ahmed dans El Mousned, vol. 4 ; n° 102 ; Aboû Dêwoud dans le Livre de la Sounna, rubrique « Charh As-Sounna », n° 4597 ; El Âdjdjourrî dans Ach-Charî’a (l’édition recensée), p. 132, n° 31. Sa chaîne de transmission est également authentifiée par l’annotateur de Djêmi‘ El Ousôl vol. 10, p. 32, et par El Elbênî dans Silssilet El Ahêdîth Assahîha, hadith n° 204, et il a cité nombre de hadiths qui attestent de son authenticité. Voir également dhm El Moutènêthir, pp. 32-34.

Information précieuse : Ibn Teymiyya a dit dans Medjmoû‘ El Fètêwa (vol. 3, pp. 346-347), lors de son propos sur le hadîth de la division : « … Tandis que pour démontrer ces sectes, les gens ont composé des livres traitant de ce sujet, les ont évoquées dans les recueils des discussions. Cependant, le fait de trancher que telle secte fait partie des soixante douze groupes exige une preuve. Certes, Allâh a de manière générale prohibé de parler de quelque chose sans en avoir connaissance ; Il a interdit de manière précise de dire de Lui des choses dont on ne possède aucune connaissance. Il a dit –qu’Il soit Très-Haut Dis : «  Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes tant apparentes que secrètes, de même que le péché, l’agression sans droit et d’associer à Allâh ce dont Il n’a fait descendre aucune preuve, et de dire sur Allâh ce que vous ne savez pas﴿ El A’râf, v. 33. Il a dit aussi  -Pureté à Lui- Ô gens! De ce qui existe sur la terre, mangez le licite pur; ne suivez point les pas du Diable, car il est vraiment pour vous un ennemi déclaré. Il ne vous commande que le mal et la turpitude et de dire d’Allâh ce que vous ne connaissez pas.﴿ El Baqara (La Vache), v. 168-169. Et II a aussi dit -qu’Il soit Très-Haut- Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance﴿ El Isrâ’ (Le voyage Nocturne), v. 36. Aussi,  beaucoup de gens parlent de ces sectes sous l’effet de la conjecture et de la passion. L’un d’eux estime que c’est sa secte, qui s’affilie et s’allie à son dirigeant à lui, qui constitue l’ensemble des gens de la Sounna et du Groupe [Ehl As-Sounna we-l Djamê’a], et considère, en contre partie, hérétique quiconque s’y oppose, alors que cela est un égarement évident.

Très certainement, les gens du Vrai et de la Sounna, leur dirigeant suivi ne peut être que le Messager d’Allâh qui ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée.﴿ C’est lui qu’il faut croire dans tout ce qu’il a informé, lui obéir dans tout ce qu’il a ordonné. Et ce statut n’appartient pas aux autres imams. Bien plus, la parole de quiconque sera soit écoutée soit rejetée, excepté celle du Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui-. Ainsi, celui qui considère un individu, hormis le Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-, comme faisant partie des gens de la Sounna et du Groupe parce qu’il l’aime et l’approuve, et considère, en revanche, comme appartenant aux adeptes de l’hérésie [El Bid‘a] et de la division celui qui le contredit (tel qu’on trouve cela chez les sectes parmi les suiveurs de quelques imams qui parlent de la religion et autre), celui-là est donc un parmi les hérésiarques, les égarés et les partisans de la division. » Fin de citation.  

Cependant, ici, dans le deuxième fruit, il est cité des sectes et cela est une information de la part du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui-, contenant un miracle et une authentification de sa Prophétie. Car les choses sont en fait arrivées telles qu’il les a annoncées. Des sectes sont apparues. Il y a les kharidjites, les moutazilites, les murdjites, les djahmites, les chiites, etc.

Plusieurs sectes ont vu le jour. Le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- a informé qu’elles atteindront le nombre de soixante treize. Seront toutes vouées au Feu excepté un groupe. Qui est-il ? C’est celui qui suivra ce que moi et mes compagnons suivons.

Cela invite à vénérer le suivi de la Sounna. N’est-ce pas ? Cela contient une annonce claire d’un des fruits de suivre la Sounna. N’est-ce pas ?

Nous disons si. Ceci contient très certainement un grand mérite quant au suivi de la Sounna, du fait d’inciter les musulmans à l’observer. Car, s’ils aspirent au salut, ils devront suivre le mode de vie du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- et de ses compagnons. Voilà un des fruits du suivi de la Sounna.

De plus, il importe ici de préciser que sa parole -prière et salut d’Allâh sur lui- : « Elles seront toutes dans le Feu excepté une » appartient aux Textes des menaces. Les sectes menacées de Feu, dans sa parole -prière et salut d’Allâh sur lui- : « Elles seront toutes dans le Feu excepté une » leur est statué ce châtiment. Si Allâh veut, II les châtiera ; et s’Il veut, Il leur pardonnera, tel qu’Il a dit -Exalté soit-Il- Certes Allâh ne pardonne pas qu’on Lui donne quelque associé. Hormis cela, II pardonne à qui II veut﴿ An-Nicê’, v. 48. Medjmoû‘ El Fètêwa, vol. 7, pp. 217-218.

El Êdjdjourrî Mouhammed Ibn El Houceyn (mort en 360 H.) a dit : « Le croyant intelligent fait l’effort d’être de ce groupe sauvé en raison de son suivi du Livre d’Allâh- Le Tout-Puissant- ; des Sounèn de Son Messager-prière et salut d’Allâh sur lui-; celles de ses compagnons -que la Miséricorde d’Allâh soit sur eux- ; celles de ceux qui les ont suivis de la meilleure manière ; ainsi que les paroles des imams des musulmans parmi ceux dont le fait de les évoquer ne suscite aucune méfiance, tels que Soufyên Ath-Thewrî, El Ewzê‘î, Mêlik Ibn Èns, Ach-Chêfi‘î, Ahmed Ibn Hènbèl, et Aboû ‘Oubeyd El Qâcim lbn Sèlêm ; de même que tous ceux qui suivaient leur conduite parmi les maîtres. Ce qu’ils nient, nous le nions ; ce qu’ils acceptent nous l’acceptons ; et nous rejetons tout ce qui est en dehors de cela » Fin. (Citation tirée du livre des quarante hadiths d’El Êdjdjourrî -qu’Allâh lui fasse miséricorde-, recension de notre vertueux frère Badr El Badr, éd., Adwê’ As-Sèlèf, 1420 H).

 

Le troisième fruit :

L’application de la Sounna comporte la guidée et le salut face à l’emprise de l’égarement.

 

D’après Abou Houreyra -qu’Allâh l’agrée- le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit « J’ai certes laissé parmi vous deux choses, après quoi vous ne serez jamais égarés : le Livre d’Allâh et ma Sounna. Ils ne se sépareront point, jusqu’à ce qu’ils me seront présentés au Bassin (El Hewd) ».[10]

Et d’après Ibn ‘Abbês -qu’Allâh l’agrée-: « Lors du Hedjdj de l’Adieu, le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- a prononcé un discours aux gens, dans lequel il a dit : ‘’ Ô hommes ! J’ai certes laissé parmi vous ce dont si vous vous y cramponnez, vous ne serez jamais égarés : le Livre d’Allâh, et la Sounna de Son Prophète’’ ». [11]

Et d’après Kathîr Ibn ‘Abd Allâh Ibn ‘Amr Ibn ‘Awf, d’après son père, d’après son grand père : « Le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit : ‘’ J’ai laissé parmi vous deux choses, vous ne vous égarerez jamais tant que vous vous y tenez: le Livre d’Allâh, et la Sounna de Son Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-’’ ». [12]

Et d’après Abou Oumêma, le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- a dit : « II n’y a pas un peuple qui ne s’égare après avoir été sur une guidée, sans que la polémique ne soit installée chez ses membres ». Puis il récita -prière et salut d’Allâh sur lui ce n’est que par polémique qu’ils te le citent comme exemple. Ce sont plutôt des gens chicaniers.﴿ Az-Zoukhrouf (L’Ornement), v. 58.

En vérité, il est guidé celui qui s’accroche au Livre et à la Sounna.

 

Ces hadiths expliquent que le suivi de la Sounna prophétique est une mise en sécurité contre l’égarement : « J’ai laissé parmi vous deux choses ; vous ne serez pas égarés tant que vous vous y tenez : le Livre d’Allâh et ma Sounna, et ils ne se sépareront pas jusqu’à ce que le bassin (El Hewd) me soit exposé ».

Ce hadith annonce une bonne nouvelle pour celui qui suit la Sounna du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- et s’accroche à elle. Le Jour de la Résurrection, elle sera un appeleur et un guide au bassin [du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- : El Hewd El Mewroûd, [vers lequel les musulmans se dirigeront pour boire de son eau] NDT.

Ceci est un des grands fruits de s’accrocher et de suivre la Sounna du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-.

 

Ibn Teymiyya -qu’Allâh lui accorde Sa miséricorde!- a dit : « Les imams des musulmans comme Mêlik, Hammêd Ibn Zeyd, Ath-Thewrî, et leurs semblables, n’ont parlé que de ce qui est transmis du Messager et contient la guidée et la guéri