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Les bienfaits de la sécurité…

Les bienfaits de la sécurité, et le devoir religieux de les préserver
Par son Éminence
Le cheikh ‘Abd El Ghani Aoussat
Reformulation, traduction et adaptation par[1] 
Aboû Fahîma ‘Abd Ar-Rahmên Ayad
Nouvelle édition électronique: Rabî' El Awwel 1438/ Décembre 20016

 

Certes, la Louange est à Allâh, nous Le louons, implorons Son Secours et Lui demandons le Pardon. Nous nous protégeons par Allâh contre le mal de nos propres âmes et contre les maux engendrés par nos mauvaises actions. Celui qu’Allâh guide, nul ne pourra l’égarer, et celui qu’Il égare, nul ne pourra le guider. Et j’atteste qu’il n’y a point d’adoré à part Allâh, Seul sans aucun associé, et j’atteste que Mouhammed est Son serviteur et Messager.

Ô vous qui croyez ! Craignez Allâh comme Il mérite d’être craint et veillez à ne mourir qu’en musulmans !﴿  Êl ‘Imrân (La Famille d’Imran), V. 102.

Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être et qui, ayant tiré de celui-ci son épouse, fit naître de ce couple tant d’hommes et de femmes ! Craignez Allâh au Nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens de sang. Certes Allâh vous observe en permanence.﴿ An-Nicê’ (Les Femmes), V. 1.

Ô vous qui croyez ! Craignez Allâh et parlez avec droiture, afin qu’Il réforme vos œuvres et absolve vos péchés. Quiconque obéit à Allâh et à Son Messager obtiendra un immense succès.﴿ El Ahzêb (Les Coalisés), V. 70-71.

Cela dit : certes, la Parole la plus véridique est celle d’Allâh, et la meilleure conduite est celle de Mouhammed -Prière et Salut d’Allâh sur lui-, et les choses les plus mauvaises sont les innovations religieuses, et toute innovation religieuse est hérésie, et toute hérésie est égarement, et tout égarement est voué au Feu de l’Enfer.

Ce que la sécurité signifie 

Très certainement, l’homme a grandement besoin de la sécurité. Ce bienfait énorme dont Allâh Le Très-Haut fait grâce à Ses serviteurs. En effet, c’est grâce à ce bienfait que les esprits se stabilisent, les âmes se tranquillisent voire se réjouissent et les cœurs se raffermissent. C’est également grâce à la sécurité que l’homme ressent le bonheur, et a conscience de la véritable douceur de cette vie d’ici-bas. Cela en ayant à son tréfonds un sentiment de quiétude et de paix. Car la sécurité est en fait une sensation contraire à la peur, qui, quand il l’éprouve, l’homme ne craint pas la survenue d’un quelconque mal ou incident qui brouillerait sa paix intérieure et son calme.

Donc, le sens de la sécurité gravite en général autour de cette signifiance linguistique, qui, celle-là même ne diffère pas de la définition religieuse qu’en donnent les fouqahê’ (spécialistes de la charia), du point de vue que la sécurité est l’opposé de la peur. Celle-ci étant un trouble de l’âme survenant chaque fois que l’on redoute la survenue d’une chose désagréable ou la perte d’une chose chère ou que l’on aime tout simplement. C’est en effet ce trouble qui fait que la personne ne soit pas stable, qu’elle ne soit pas quiète et tranquille.

L’importance vitale de la sécurité

Ainsi, la sécurité est, sans aucun doute, un bienfait immense dont il incombe aux gens d’en être conscients. Ils doivent être en mesure de véhiculer l’énormité de ce bienfait, d’ancrer son importance vitale dans leurs pensées, dans leurs différents états de vie dans la société, dans leurs relations interpersonnelles. La grandeur de la sécurité ne doit en aucun cas quitter les esprits car ceci est à même de nous motiver à la garder voire la défendre. Cela sans jamais n’omettre également de remercier Allâh -qu’Il soit Très-Haut- pour cette grâce, tout en L’implorant de nous la préserver et de la pérenniser. Allâh -qu’Il soit Magnifié- a dit Et lorsque votre Seigneur proclama : « Si vous êtes reconnaissants, très certainement J’augmenterai Ma grâce pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible ».﴿ Ibrâhîm (Abraham), V. 7.

Cela étant dit, toute personne se doit alors de s’évertuer et concourir à la réalisation des causes et moyens de la sécurité. Certes, elle est un don divin car ô combien sont les gens à qui ce don a été conféré, mais quand ces derniers ont nié les faveurs divines Allâh les leur a donc arrachées ; Il les a dépossédés de la sécurité et leur a fait goûter les amertumes de la faim et de la peur. Ils ont alors mordu leurs doigts et souhaité ardemment que la sécurité reprenne place, et que les bienfaits d’Allâh leur reviennent. En effet, ils ont éprouvé de la frayeur et l’ont senti s’installer dans les cœurs et les esprits. Comment serait alors l’état des gens dans de telles situations ? Sans aucun doute, quand le climat de l’insécurité règne, l’épouvante prend place, ce  qui occasionnera inévitablement un trouble permanent qui mettra en péril les affaires des gens et leurs intérêts, de toutes sortes. Il y a certes là un sujet à méditer pour tout homme qui craint Le Seigneur !﴿ El Mouzammil (Celui qui s’enveloppe), V. 19.

Ô serviteurs d’Allâh ! Les bienfaits d’Allâh sont nombreux et variés tel qu’Il a dit -Très-Haut soit-Il- Et si vous comptez les bienfaits d’Allâh, vous ne sauriez les dénombrer. En vérité, Allâh est plein de mansuétude et de clémence.﴿ An-Nehl (Les Abeilles), v. 18 ; et Il a dit également Il n’est de bienfait dont vous puissiez jouir qui ne soit un don du Seigneur.﴿ An-Nehl (Les Abeilles), v. 53.

stabiliser la sécurité est un crime majeur

C’est pour cela que l’homme est fortement sollicité de ressentir, mais avec sincérité et véracité, le besoin à la sécurité et à la sûreté, et de jouir d’un comportement responsable le portant à ne jamais  être  la  cause  de  la  disparition  de  cette  faveur  divine.  Un  individu  responsable  et conscient de la gravité de la chose, ne s’autorisera jamais de se comporter à l’instar de ceux qui sèment le désordre ; ceux qui commettent des actes de vandalisme et courent à la déprédation ; ils saccagent les biens d’autrui et provoquent des séditions ; tout cela en s’imaginant bien agir ! Et ainsi on les voit commettre des actes et des actions contraires à toute figure de civilisation et de civisme, ajoutant à cela les multiples péchés que l’on s’impute allant jusqu’à perpétrer des péchés majeurs (el kabê’ir), se manifestant par les injustices horribles causées aux autres dans leurs biens voire sur leurs propres personnes.

Serait-il alors raisonnable de vouloir revendiquer des justices, sociales ou autres, alors que les revendications elles-mêmes sont basées sur de pures et dures injustices, infligées à soi-même et aux autres, rien qu’en commettant des actes de destruction et des dommages répréhensibles qu’aucune raison saine ne saurait tolérer !

La sécurité est une faveur divine

Serviteurs d’Allâh ! Il importe que nous sachions que parmi les rappels qu’Allâh a fait aux habitants de La Mecque leur citant Ses bienfaits, (quoique cet exemple ne soit pas spécifique aux Mecquois, mais il est général et concerne tout le monde tel que nous le verrons d’après les textes que nous citerons ci-après),  il y a Sa Parole Ne voient-ils pas que Nous avons établi une enceinte sacrée et sûre, pendant que les rapts règnent tout autour ?) El ‘Ankaboût (L’Araignée), v. 67 ; et Il a dit également (Qu’ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Kaaba), qui les a nourris contre la faim et rassuré de la crainte !﴿ Qouraych, v. 3-4.

C’est pourquoi il se peut effectivement qu’une personne dise : « Nous devons être conscients de cette grâce, la ressentir et la préserver ». Mais en vérité cette grâce est un don, une offre et un salaire divin qu’Allâh attribue à Ses pieux serviteurs comme récompense pour leur piété. Allâh -qu’Il soit Exalté- a dit à ce sujet Allâh a promis à ceux d’entre vous qui auront cru et fait les bonnes œuvres, qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. Il leur changerait leur peur en sécurité. Qu’Ils M’adorent donc sans rien M’associer, et ceux qui, après cela, renieront leur foi seront de véritables scélérats !﴿ An-Noûr (La Lumière), v. 55.

C’en est donc une faveur et une Promesse d’Allâh -qu’Il soit Exalté et Très-Haut- Il leur changerait leur peur en sécurité.﴿ Cette sécurité est le fruit de l’obéissance à votre Seigneur. Quand vous l’adorez et Lui vouez le culte de la sincérité, quand vous vous munissez de la crainte pieuse pour Allâh et vous vous parez des qualités des pieux, votre rétribution sera donc de vivre en sécurité et en paix, autant ici-bas et dans l’au-delà.

De même, Allâh n’a-t-Il pas dit Ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allâh », et se conduisent avec droiture, les Anges descendront sur eux en leur annonçant « N’ayez pas peur et ne vous tourmentez de rien ! Réjouissez-vous plutôt de la bonne nouvelle du Paradis qui vous a été promis.﴿ Fossilat (Les versets détaillés), v. 30. Il se doit donc à l’homme de se souvenir de tout cela. Comment la sécurité se réalise-t-elle ? Comment les gens pourront-ils vivre en pleine sécurité?

Les causes religieuses de la sécurité

Ainsi parmi les causes de la sécurité, l’on trouve le fait de réaliser l’unicité et le monothéisme pur, de vouer les œuvres cultuelles à Allâh, en excluant toute intrusion d’association ou de polythéisme. En effet, mettant en exergue les thématiques de la peur et de la sécurité, Le Seigneur de l’univers a dit en informant des propos de Son Prophète Ibrâhîm Et comment craindrais-je les associés que vous Lui donnez, quand vous-mêmes ne craignez pas de donner à Allâh des associés pour lesquelles Il ne vous a fait descendre aucune preuve ? Lequel donc des deux partis a le plus droit à la sécurité ? Dites-le, si vous savez !﴿ El An‘êm (Les Bestiaux), v. 81.

Au fait, c’est cela la véritable sécurité ici bas et dans l’au-delà, ce type de sécurité que l’on appelle communément la sécurité parfaite, et la guidée parfaite ; on se doit d’éviter toutes sortes d’injustices, la plus grande injustice étant l’association (ach-chirk). Et il y a également l’injustice que l’on cause à soi même en commettant les péchés et autres fautes et infractions religieuses ; et aussi on se doit d’éviter de faire des actes d’injustice aux autres en transgressant leurs droits, ainsi que diverses autres formes d’oppressions.

Les compagnons, un parfait exemple à suivre

En vérité, les compagnons[2]  du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- sont les meilleurs gens qui ont écouté et compris la Parole d’Allâh (le Qour’ên), ils sont les meilleurs musulmans à avoir réagi au Qour’ên. Les Compagnons sont les plus connaisseurs de la Parole divine, leur méthode  était,  et reste pour toujours, la meilleure et la plus efficace. Ils étaient les plus sincères ! Ils ont en effet suivi ces versets en ayant la connaissance et la compréhension parfaite de leurs sens, et en les mettant en pratique également. Leur connaissance de la Parole divine provenait des questions permanentes qu’ils posaient au Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- et qu’ils se posaient entre eux aussi. Quant à leur compréhension, elle était si très pointue grâce à leur recherche incessante pour connaître et apprendre les causes de la Révélation des versets. Ils faisaient cela auprès du Messager -prière et salut d’Allâh sur lui- et des grands Compagnons, en les interrogeant sur les indications relatives à la révélation, sur les personnes qui étaient à l’origine de la descente de tel ou tel autre verset, sur les thèmes et les motifs des versets, etc. L’on trouve à titre d’exemple le grand et illustre sahâbi (Compagnon) ‘Abd Allâh ibn Mes‘oûd – qu’Allâh l’agrée- qui était un exemple parfait de cette éminente attention accordée au Livre d’Allâh. Il disait à ce sujet : « Pas un verset qui ne soit descendu sans que je ne sache l’endroit, la cause et la personne concernée par sa révélation ». Toujours est-il que l’on ne considère pas la cause spécifique de la révélation des versets, mais la généralité de leurs sens et leurs visées. Cependant,  connaître  les  causes  de  la  révélation  aide  à  coup  sûr  à  bien  apprendre  et comprendre le Qour’ên.

Sans aucun doute, cette conduite qu’avaient les Compagnons envers les Paroles d’Allâh aide efficacement à les appréhender et les pratiquer. Ils l’ont aussi apprise aux autres, à leurs disciples, et à leurs suiveurs (et-têbi‘în).  Les Têbi‘în sont particulièrement connus pour leur suivi idéal de la voie des Compagnons. Parmi ces derniers il y a Moudjêhid ibn Djabr qui déclara : « J’ai récité le Moushaf (Qour’ên) auprès d’ibn ‘Abbês par trois fois. Je l’arrêtai suite à la prononciation de chaque Verset, et l’interrogeai : ‘’Quand est-ce que ce Verset a été révélé ? Et à propos de qui a-t-il été révélé ?’’ ».

Dans ce même rapport, une fois les compagnons vinrent voir le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- et lui demandèrent : « Qui d’entre nous n’a jamais été injuste envers soi-même ? ». Cette question de leur part a été posée après la descente de ce verset Ceux qui ont cru et n’ont point troublé la pureté de leur foi par quelque iniquité, ceux-là ont la sécurité ; et ce sont les bien- guidés !﴿ El An‘êm (Les Bestiaux), v. 82. Craignant donc ne pas faire partie de ces gens gratifiés de la sécurité et la guidée divine, les compagnons accoururent auprès du Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- et l’interrogèrent. Celui-ci leur a donc appris que le verset ne parle pas de l’injustice à laquelle ils ont pensé, mais de la grande injustice qui est celle de l’association ou du polythéisme. Il leur a déclaré : « Ce n’est pas cela le sens de l’injustice qui est désigné dans ce verset. N’avez-vous pas entendu le dire de Louqmên lorsqu’il exhorta son fils ? El lorsque Louqmên dit à son fils tout en l’exhortant : « Ô mon fils, ne donne pas d’associé à Allâh ! Car l’association à Allâh est vraiment une injustice énorme ».﴿  Louqmên, v. 13. » [3].

Cette version est donc une double preuve du souci que portaient les Compagnons à la question de la sécurité, et de leur intérêt accru à savoir les sens et les visées des Paroles divines et prophétiques. Le  verset  de  la  sourate  « El  An‘êm »  décrète  en  outre  que  la  sécurité  est intimement liée à la guidée. Elle en est même conséquente. Il serait donc bénéfique aux gens de retourner à la conduite des Compagnons dans le traitement de leur affaires, dans la façon de s’opposer aux différentes situations déconcertantes que, malheureusement, beaucoup de gens dirigent dans des directions qui n’aboutissent qu’à la ruine et au chao de la société, qu’Allâh nous en préserve ainsi que tous les musulman, êmîn !

L’association, une grande cause d’insécurité

De plus, la narration qui précède met l’accent sur un sujet extrêmement important. Il s’agit de l’Association (le Chirk). Nous savons tous le danger qu’entraîne le chirk, étant donné qu’il annule les bonnes œuvres et encourt le châtiment de l’Enfer, s’il n’est pas annulé par le repentir. Allâh -Le Très-Haut- nous a également cité l’exemple des cités dont les membres accomplirent des péchés et des fautes de toute nature allant jusqu’à la mécréance et l’Association, et le sort divin qui leur a été réservé en contre partie de leurs agissements. Au fait, notre Seigneur a dit Et Allâh propose la parabole d’une cité qui vivait en sécurité et dans la tranquillité, et vers laquelle coulait à flots des richesses de toute part. Or, elle se montra ingrate aux bienfaits d’Allâh. Allâh lui fit alors goûter les affres de la faim et de la peur en punition de ses méfaits﴿ An-Nehl (Les Abeilles), v. 112 ; et Il a dit -que Son Nom soit Sanctifié- Et quand Nous décidons d’anéantir une cité, Nous ordonnons à ses habitants les plus opulents d’obéir, mais ils s’y comportent en scélérats. C’est alors que Notre arrêt se trouve justifié et que Nous la détruisons de fond en comble. Que des générations n’avons-nous pas exterminées depuis Noûh (Noé) ! Il n’est que ton Seigneur pour être parfaitement au courant des péchés de Ses créatures﴿ El Isrâ’ (Le Voyage Nocturne), v. 16-17. Ainsi il est des moyens sûrs pour réaliser la sécurité, le fait d’éviter les péchés dont le plus dangereux demeure celui du chirk.

Les différents types de sécurité

En outre, la sécurité est en vérité une prérogative dont la concrétisation exige la participation de tous, hommes et femmes. Tout un chacun doit se sentir responsable de réaliser la sécurité et de la défendre à chaque fois qu’elle se trouverait en situation de crise. Cela d’autant plus que la sécurité est décidément catégorisée sous plusieurs types, dont chacun jouit d’une importance différente  selon  ses  retombées au  sein  de  la  société.  L’on parle  à  cet  effet  de  la  sécurité économique, la sécurité politique, la sécurité alimentaire, la sécurité psychologique, la sécurité familiale, la sécurité sociale et la sécurité idéologique. Ce dernier type est particulièrement un des plus importants.

La sécurité idéologique ou intellectuelle

Certes, quand la personne porte une croyance correcte, suit une voie religieuse droite, se réfère à une science authentique et est élevée dans une éducation saine conforme à l’islam ; une telle personne ne suscitera, en vérité, aucune peur à autrui ! C’est pour cela que les oulémas ont souvent mis l’accent sur ce point. Ils ont mis en garde les risques qui menacent ce type de sécurité ; ce que l’on appelle « l’envahissement intellectuel ou idéologique », (el ghezw el fikrî). C’est un  envahissement qui met en danger les idées des gens, des jeunes notamment; leurs façons de penser, de réfléchir et de concevoir les choses, donc nécessairement leurs manières d’agir ; il influe sur leur vision du monde, ce qui mènera inévitablement à la déstabilisation ne serait-ce que par le biais de l’information. C’est-à-dire de s’adonner à la consommation abusive d’informations médiatiques diverses et nocives, qui, dans la majorité des cas, ne sont que le produit de l’intox ! Soyons donc vigilants et éveillés, et tirons leçon des épreuves de nos autres ! Abd Allâh ibn Mes‘oûd -qu’Allâh l’agrée- a dit à ce sujet : « Une personne bienheureuse est celle qui tire leçon des malheurs des autres ».

En vérité, ô frères !, quand l’homme vit dans un climat de sécurité et de paix, même s’il mène une vie modeste et simple, il sera tout le temps paisible intérieurement et tranquille ; cela rien qu’en jouissant de ce sentiment de quiétude et de bien-être que lui procure l’atmosphère de sûreté et de paix. Et c’est en fait de cet état de fait que nous a informé le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- en déclarant : « Quiconque se réveille le matin en sécurité dans ses biens, sain de corps et possédant le repas de sa journée, c’est comme s’il possédait le bas monde tout entier ! »[4]. La subsistance est garantie par notre Seigneur avant même que nous soyons nés voire créés. Il ne nous est demandé que d’aller à sa recherche, et Allâh est Garant de pourvoir à nos besoins.

Dans ce sens Allâh -Le Très-Haut- a dit Ne tuez pas vos enfants pour cause de pauvreté. C’est Nous qui pourvoyons à votre subsistance tout comme eux.﴿ El An‘êm (Les Bestiaux), v. 151.

C’est pour cette raison que nous disons toujours qu’il incombe à tout musulman de recourir à la subsistance, de réunir les causes des dons divins, de travailler dans le but de subvenir aux besoins  personnels et  familiaux. Tout  cela  sans  également  omettre  que  seul  Allâh,  notre Créateur, nous pourvoit et que nous n’aurons comme biens et avoirs que ce que Lui en aura déterminé, -Exalté et Très-Haut soit-Il- ! Aucune personne n’aura en subsistance que ce que son Seigneur lui aura destiné et inscrit bien avant même qu’elle ne soit créée. Notre Prophète – prière et salut d’Allâh sur lui- a dit : « Allâh a déterminé les prédestinées des créatures cinquante mille ans avant la création des cieux et de la terre » [5].

De ce fait, il s’avère que ce type de sécurité qui est « la sécurité idéologique» soit celui qui influence sur tous les autres types. C’est-à-dire que quand ce dernier est atteint par un trouble ou défaillance, quelque soit sa nature, cela se verra répercuter sans aucun doute sur les autres types (la sécurité familiale, sociale, économique, publique, etc.), qui seront, eux aussi, atteints à leur tour. Cela revient au fait que l’homme agit en vérité selon la somme des idées qu’il épouse et selon sa façon de penser, sa croyance et ses convictions.

Attention aux sources d’information

Cet état de fait nous amène nécessairement à dire que chaque musulman doit être tout le temps averti, éveillé et conscient des sources desquelles il reçoit ses idées et ses connaissances. Le musulman devra faire attention aux réseaux qui lui offrent toute sorte d’informations, qu’elles soient religieuses, scientifiques, politiques, ou même les informations qui relèvent de l’actualité tout simplement. Il est indispensable que nos sources et nos réseaux soient sécurisés, c’est-à- dire qu’ils soient corrects et sains, n’induisant pas de nuisances sur notre façon de penser et d’agir, sur nos comportements et nos conduites. Nous devons nous assurer de tout cela, et être prudents à chaque fois que nous voulons recueillir des connaissances ou des informations à travers les médias et  les différents autres moyens de télécommunication. Il s’agit là  d’un élément capital. On ne doit en aucun cas le négliger ou le sous-estimer ! Car les effets et les conséquences qu’il entraine sont visibles, voire vivables, à court et à long terme.

La science islamique[6] protège nos idées

Par ailleurs, il est avéré que pour atteindre cet objectif d’accréditation de nos sources informatives, nous devons connaître notre religion : l’islam. Autrement dit, c’est la science religieuse qui nous permettra de discerner le vrai du faux ; ce qui est correct de ce qui ne l’est pas de la somme des informations qui s’acharnent sur nous au quotidien. En effet, connaître l’islam est un moyen efficace pour identifier les idées et les connaissances, pour savoir leur importance, leur utilité, de même que les dangers et les risques qu’elles sont à même d’induire. C’est grâce à des arrières solides de savoir islamique que nous saurons tirer des constats justes et corrects sur ce qui nous entoure.

C’est aussi grâce à la science islamique que nous parviendrons à dévoiler la réalité des personnes qui insufflent le désordre et les tentations. Ce genre de gens sera vite reconnu grâce aux Paroles divines, des versets coraniques, et aux dires prophétiques, des hadiths, que nous aurons appris et compris. La religion islamique, ô chers frères, est sans aucun doute une guérison pour ces tentations. L’islam, de par son essence, est une religion très solide qui incite à la paix et à la sécurité ; il inculque au musulman le devoir d’être paisible et pacifique partout où il se trouve. Le  musulman  est  donc  obligatoirement  tenu  d’apprendre  sa  religion,  la  connaître  et  la pratiquer.

Afin de concrétiser tout cela, il est incontournable de revenir à la méthode des compagnons qu’Allâh les agrée, à leur compréhension et à leur mode de pratiquer la religion. Allâh -Le Très-Haut a dit- Ceux qui disent : « Notre Seigneur est Allâh », et se conduisent avec droiture, les Anges descendront sur eux en leur annonçant « N’ayez pas peur et ne vous tourmentez de rien ! Réjouissez-vous plutôt de la bonne nouvelle du Paradis qui vous a été  promis.﴿ Fossilat (Les versets détaillés), v. 30. Ce verset est effectivement une preuve que la science et sa pratique conduisent nécessairement à la sécurité. Une croyance authentique, nette et propre telle qu’elle a été transmise aux compagnons par le Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui-, et telle  que  ces derniers  eux-mêmes l’ont  également enseignée et  propagée.

Donc, la science religieuse, une fois apprise et mise en œuvre, est très certainement un vecteur sûr de la sécurité. Bien plus, c’est un vecteur de la sécurité parfaite, ici-bas et dans l’au-delà. La science nous apprend que lorsque les troubles surviennent, nous ne devons pas nous y mêler, mais  plutôt  les  fuir.  Elle  nous  inculque  que  l’insurrection  est  un  phénomène  maladif  et anormal, une réaction anomale qui va même à l’encontre des Textes clairs et authentiques de la charia. La science islamique nous enseigne d’obéir aux gouverneurs dans le bien, de bannir le khouroûdj (pratiques des kharidjites : insurrections), quelque soit sa forme. Nous ne devons en aucun cas nous livrer aux passions et aux impulsions, aux idées spécieuses et ambigües et aux analyses incertaines et déconcertantes qui mobilisent les masses à la ruine ! Qu’Allân nous en préserve ainsi que tous les musulmans.

Ô serviteurs d’Allâh ! La science purifie les âmes et les esprits, elle les guide vers le bien et la perfection humaine sous toutes ses formes. Intéressons-nous donc à la science, étudions et pratiquons le savoir islamique. Allâh -qu’Il soit Béni- a rappelé dans trois versets différents que parmi les réalisations importantes que contient le Message prophétique, il y a l’enseignement de la  science et  la purification des esprits. Celle-là même représente un des plus importants résultats d’apprendre la science islamique, d’étudier le Qour’ên et la Sounna. Allâh -qu’Il soit Très-Haut- a  dit après avoir cité  Son Prophète Ibrâhîm Notre Seigneur ! Envoie leur un Messager issu d’eux-mêmes, qui leur récitera Tes versets, leur enseignera le Livre et la Sagesse (Sounna), et les purifiera.﴿ El Baqara (La Vache), v. 129. Ce Verset constitue une indication des prières faites par ce Noble Messager Ibrâhîm, surnommé le Cheikh et le Père des Prophètes – prière et salut d’Allâh sur lui-, prières qui ont été effectivement exaucées telles que le montrent ces deux autres versets Allâh a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un Messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse (Sounna), bien qu’ils fussent auparavant dans un égarement évident.﴿ Êl ‘Imrân (La famille d’Imran), v. 164 ; et Il a dit aussi C’est Lui qui a envoyé à des gens sans Livre un Messager des leurs qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse (Sounna), bien qu’ils étaient auparavant dans un  égarement évident﴿ El  Djoumou‘a (Le Vendredi), v. 2.

Cela veut dire que la science émanant du Livre d’Allâh et de la Sounna de Son Prophète -prière et salut d’Allâh sur lui- purifie les esprits de leurs suspicions et de leurs ambigüités ; elle purifie les cœurs des désirs pervers et prohibés, et elle éveille les consciences et les met en garde afin que l’on ne tombe pas dans les filets que tendent ceux qui activent la discorde et les tentations.

Ceux qui investissent dans l’insouciance et l’inattention des gens, sèment leurs penchants et leurs idéologies destructrices en profitant du climat d’inattention (el ghafla) dans lequel se trouvent  beaucoup de  gens  aujourd’hui. Sinon comment ces  troubles  et  ces  insurrections auraient pu avoir lieu, si ce n’est à cause du relâchement scientifique religieux qui règne ?!

C’est ainsi que la religion musulmane vient remédier à ces déviances, redresser les pensées et guérir les consciences. Il faudrait donc connaître l’islam, car, c’est, par la grâce d’Allâh notre Seigneur, un remède à tous ces maux et à tant d’autres.

Se protéger des tentations et se garantir une issue heureuse

À la fin, nous citons, en guise de moyen infaillible pour contrer et contrevenir à toute dissension, le hadith d’el ‘Irbâd ibn Sêriya As-Soulamî, qui est une exhortation éblouissante, par laquelle nous nous exhortons nous également les un les autres, nous nous la recommandons et la conseillons mutuellement. D’après El ‘Irbâd ibn Sêriya: « Le Messager d’Allâh -prière et salut d’Allâh sur lui- nous a fait un jour après la Salât de l’aube un sermon éloquent qui fit couler nos larmes et remplir nos cœurs de crainte. Un homme dit alors : «  Certes cela est le sermon de quelqu’un qui fait ses adieux. Que nous confies-tu donc, ô Messager d’Allâh ! » Il dit : « je vous recommande la crainte pieuse d’Allâh ainsi que l’obéissance au gouverneur, même si c’est un esclave éthiopien. Celui d’entre vous qui vivra verra de grandes discordes. Méfiez-vous des innovations religieuses, car elles sont certes un égarement. Que celui qui assiste à ces discordes s’accroche à ma Sounna et à celle des califes droits et bien-guidés. Saisissez-la fortement           avec          vos  molaires! » [7].

Quant aux semeurs des dissensions (fitène), qu’ils craignent leur Seigneur, et qu’ils cessent de fomenter les troubles et le désordre, certes leur Seigneur leur demandera des comptes le Jour de la Résurrection et seront arrêtés devant Lui, afin de répondre de ce qu’ils auront fait et commis. Le Tout-Puissant a dit Par ton Seigneur ! Nous les soumettrons tous à un interrogatoire sévère au sujet de leurs agissements.﴿ El Hidjr, v. 92-93. Ce jour-là sera heureux celui qui aura évité les tentations, et œuvré pour garder la sécurité et réaliser le calme et la paix, et sera perdant et mordra ses doigts quiconque ayant participé à créer le désordre et troubler le calme des gens Le jour où l’injuste se mordra les deux mains en s’écriant : « Hélas pour moi !  Si seulement j’avais suivi chemin avec le Messager ! Malheur à moi ! Hélas ! Si seulement je n’avais pas pris un tel pour ami ! Il m’a, en effet, détourné du Rappel divin après qu’il me soit parvenu ». Et le Diable déserte l’homme (après l’avoir tenté﴿ El Fourqân (Le Discernement), v. 27.

Pureté et Gloire à Toi, ô Allâh  ! J’atteste qu’il n’y a point d’adoré si ce n’est

Toi. Je Te demande pardon, et je me repens à Toi.

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[1]Cet opuscule est une reformulation interlinguale de la conférence, en langue arabe, de notre honorable cheikh Abd el Ghani Aoussat, intitulée ni‘matou el amni wa woudjoûb el mouhâfadha ‘aleyha ; elle est donnée par son éminence le 26 Rabî‘ Ath-Thêni/ 31-03-2011, à la daïra de Ain Beïda.

[2]Lire au sujet des compagnons nos articles et traductions: Le mérite des compagnons d’après le Qour’ên, la Sounna et les Salafs, sur: http://kabyliesounna.com/?p=496 ; Porter atteinte aux compagnons et les diffamer, sur: http://kabyliesounna.com/?p=506 ; La croyance des Gens de la Sounna et du groupe au sujet des compagnons, sur: http://kabyliesounna.com/?p=501 ; Mise en garde contre le fait d’insulter les compagnons, sur: http://kabyliesounna.com/?p=491 ; et Le Mérite de la Mère des croyants ‘A’icha, sur: http://kabyliesounna.com/?p=488

[3]Rapporté par el Boukhâri, Mouslim, et Ahmed.

[4]Rapporté par At-Tirmidhi et ibn Mêdja.

[5]Rapporté par Mouslim dans son Sahîh (l’Authentique).

[6]Pour ce très important sujet, lire Épître sur la science islamique, son mérite et ses bienfaits, sur: http://kabyliesounna.com/?p=413

[7]Rapporté par Ahmed, Abou Dêwoud, et At-Tirmidhi.

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