Rfutations de deux ambiguités propagées

Réfutation de deux ambiguïtés

Réfutation de deux ambiguïtés propagées par les prédicateurs francophones incriminés

 

Rédigé par :
 Abderrahman Abou Abdillah
Revu et corrigé par : 
Abou Fahima ‘Abd Ar-Rahmên Ayad al El Bidjê’î

 

 

بسم الله الرحمن الرحيم 

الحمد لله رب العالمين والصلاة والسلام على أشرف الأنبياء والمرسلين نبينا محمد وعلى آله وصحبه أجمعين. 

Ceci dit, 

Il n’échappe à personne la confusion qu’il règne ces temps-ci chez nombre de salafis, plus spécifiquement chez ceux vivants en occident, notamment en France. 

Cet état de fait est notamment dû à l’attitude de certaines personnes qui, profitants de l’ignorance caractérisée chez grand nombre de frères et sœurs inondent les réseaux sociaux avec des ambiguïtés et des affirmations totalement saugrenues et farfelues, des paroles d’une certaine gravité et qui si elles ne témoignent pas d’un dévoiement certain, prouvent au minimum l’ignorance de ces personnes qui pourtant et depuis de nombreuses années occupent la scène de la prédication française. 

Parmi les ambigüités disséminées par les prédicateurs francophones mis en cause récemment, leur parole : 

 » Vous nous blâmez pour nos positions mais nous ne faisons que traduire et transmettre les paroles de sheikh Rabi’ et sheikh ‘Oubeyd à l’encontre de Mouhammed ibn Hady. Et nous avons eu leur soutien quant au communiqué de désaveu que nous avons rédigé. » 

En réponse à cela, nous disons ce qui suit : 

Sheikh Rabi’ et sheikh ‘Oubeyd حفظهما الله sont tous deux des savants reconnus et des gens vers qui les salafis reviennent. Nous leur accordons la haute considération qu’ils méritent et le rang qui est le leur chez les salafis de l’orient à l’occident. 

Et nous ne vous reprochons pas de revenir vers ces savants ni de prendre d’eux. 

Mais par cette ambiguïté vous laissez penser que parce que vous transmettez de ces deux sheikhs, alors ce que vous transmettez est automatiquement correct, authentique, conforme à la vérité et qu’il est obligatoire à tout salafi de le suivre. 

Et vous savez que ces deux savants jouissent d’une notoriété chez la masse des salafis du monde entier et que ce faisant, ils ne seront pas regardants sur les audios et écrits que vous propagerez parce qu’il y figure les noms de ces savants. Ajoutons à cela que vous propagez des écrits qui transmettraient les paroles de ces savants alors que d’une, les personnes qui relaient ces prétendues paroles sont de parfaits inconnus même s’ils signent ces publications avec leurs noms, et que de deux, dans la plupart des cas nous ne disposons d’aucune source audio permettant de s’assurer que tel sheikh a bien dit et prononcé telle parole. 

Puis toute personne ayant étudié les bases dans le moustalah al hadith sait que la transmission de l’inconnu n’est point acceptée et rentre dans le cadre de la parole d’Allâh تعالى :

(يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا إِنْ جَاءَكُمْ فَاسِقٌ بِنَبَإٍ فَتَبَيَّنُوا أَنْ تُصِيبُوا قَوْمًا بِجَهَالَةٍ فَتُصْبِحُوا عَلَىٰ مَا فَعَلْتُمْ نَادِمِينَ)

 

 » O vous qui avez cru! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait. » (al Hujurat, v.6)

Et juste à titre de rappel à ce sujet, récemment encore, quand un questionneur a joint la personne responsable du bureau du sheikh Saleh al Fawzan et qu’elle a demandé à ce dernier s’il était vrai que le sheikh حفظه الله mettait en garde contre le sheikh Muhammed ibn Hady al Madkhali حفظه الله, celui-ci a fermement démenti en ajoutant que ceux qui prétendaient cela étaient des fauteurs de troubles et qu’ils ramènent un audio dans lequel le sheikh aurait dit cela. 

Les savants de notre époque répètent souvent de ne rien accepter d’eux si on ne les entend pas directement de nos propres oreilles dire telle ou telle chose car ils sont parfaitement au courant de l’état de la communauté aujourd’hui et de tout ce qui se fait avec ces réseaux sociaux, que ce soit la falsification ou le découpage des paroles, la transmission de tout et n’importe quoi sans la moindre vérification, etc.

Et que dire à propos de ces gens à qui ces personnes s’en prennent et délient leurs langues si ce n’est qu’ils font partie de l’élite de cette communauté, ceux qui transmettent l’héritage prophétique aux gens de partout dans le monde.

Ceci étant dit, revenons-en à notre propos : 

Celui qui maîtrise la méthodologie des gens de la sounna sait parfaitement qu’aucun individu quel qu’il soit et le rang qu’il puisse avoir dans la communauté n’est en droit d’imposer d’être suivi dans tout ce qu’il peut dire ou écrire et que pareillement, aucune personne ni aucun groupe n’ont le droit d’imposer la parole de qui que ce soit au seul prétexte que c’est untel qui l’a prononcée ou écrite. 

Les imams et les savants de tout temps ont réprouvé avec la plus grande fermeté ce genre d’attitude et ont formellement interdit à leurs élèves et aux musulmans en général de transmettre et adopter absolument toutes les paroles et avis qu’ils ont pu avoir, et ce peu importe le domaine, et le domaine de la critique et l’accréditation n’en est pas exempt, contrairement à ce que s’imaginent certains qui pensent à tort que cette science se résume à une règle à savoir : 

 » La critique détaillée prévaut sur l’éloge »

Revenons-en à notre sujet qui est : 

Le salafi peut-il ou doit-il accepter toute parole ou tout écrit qui lui parvient parce que cette parole ou cet écrit émane de sheikh untel ? 

Si l’on répond par l’affirmative, alors nous demandons aux gens : 

Quelle serait la différence entre les adeptes de la voie salafie et celle des confréries soufies ou des chiites imamites qui ont pour opinion que leurs imams sont infaillibles si nous en venions à considérer qu’il faille en tout point suivre ce que dit untel ou untel hormis pour ce qui parvient authentiquement du messager d’Allah صلى الله عليه وسلم 

Autre question : 

Peut-on excuser par l’ignorance ces gens pour avoir adopté une telle attitude alors qu’ils ont connaissance des paroles suivantes des imams de cette communauté : 

L’imam Malik رحمه الله تعالى : 

 » ليس لأحد بعد النبي صلى الله عليه وسلم إلا ويؤخذ من قوله ويترك، إلا النبي صلى الله عليه وسلم » 

Il n’y a personne après le prophète صلى الله عليه وسلم sans que sa parole ne puisse être prise en compte ou rejetée à l’exception du prophète صلى الله عليه وسلم 

Authentifié par l’imam ibn ‘Abdel hady dans son ouvrage irshad as salik (v.1/p.277), ibn ‘Abdil Barr le rapporte dans son Jami’ bayan al ‘ilmi wa fadlihi (v.2/p.91). 

Ou encore sa parole رحمه الله : 

 » إنما أنا بشر أخطئ وأصيب فانظروا في رأيي فكل ما وافق الكتاب والسنة فخذوه وكل ما لم يوافق فاتركوه » 

Je ne suis qu’un être humain, je me trompe et vois juste donc observez mon opinion. Tout ce qui concorde avec le Livre et la Sounna prenez le et tout ce qui ne concorde pas avec délaissez le. 

Rapporté par Ibn ‘Abdil Barr dans Jami’ bayan al ‘ilmi wa fadlihi (v.2/p.32). 

Et ô combien ce athar d’Abou Hanifa رحمه الله que nous allons citer s’applique sur ces personnes aujourd’hui, eux qui de jour comme de nuit s’affilient à la méthodologie des gens de la sounna alors que concrètement et de par leur attitude ils s’y opposent. 

L’imam Abou Hanifa رحمه الله a déclaré : 

لا يحل لأحد أن يأخذ بقولنا ما لم يعلم من أين أخذناه

 » Il n’est permis à personne d’accepter notre parole tant qu’il ne sait pas d’où nous l’avons tiré. » 

Et dans une autre version : 

حرام على من لم يعرف دليلي أن يفتي بكلامي

 » Il est interdit à celui qui ignore la preuve sur laquelle je m’appuie de donner un avis en citant ma parole. » 

Et dans cette version un autre ajout : 

فإننا بشر نقول القول اليوم ونرجع عنه غدا

 » Car nous sommes des êtres humains, aujourd’hui nous disons une chose et nous revenons dessus le lendemain. » 

(Ibn ‘Abdil Barr, al intiqa p.145 , ibn l Qayyim , i’lam al mouwaqi’in v.2/p.309, ibn ‘Abidin, hashiya ‘ala l bahri ar raïq, v.6/p.293, ash sha’rani dans el mizan pour la seconde version et la troisième version fut rapportée par ‘abbas ad dawri dans le « tarikh » d’ibn Ma’in avec une chaine authentique.) 

Pour étayer un peu plus nous rappelons également cette parole de l’imam Ahmed رحمه الله : 

لا تقلدني ولا تقلد مالكا ولا الشافعي ولا الأوزاعي ولا الثوري وخذ من حيث أخذوا

 » Ne me suis pas aveuglément et ne suis pas aveuglément Malik ni ash Shafi’i ni al Awza’i ni ath Thawry et prend plutôt d’où eux-mêmes ont pris. » 

( Ibn l Qayyim dans I’lam al mouwaqi’in v.2/p.302) 

Le lecteur peut également retrouver toutes ces paroles dans l’introduction du sheikh Nasser ad Din al Albani رحمه الله de son ouvrage sifat salat an nabi. 

Et nous entendons chez ces prédicateurs mis en cause des paroles qui ne sied pas au salafi de tenir, des paroles témoignant d’un fanatisme et suivisme aveugle envers certains parmi les gens de science qui eux-mêmes n’ont eu de cesse de mettre en garde contre ce genre d’attitude. 

Ils ont des paroles de vérité par lesquelles ils visent le faux et ce procédé est bien connu et ce depuis les premières ères de l’islam. 

Ils disent par exemple à ceux qui oseraient seulement remettre en cause et ce avec preuves les paroles et écrits de certains parmi les gens de science : 

 » Sont-ils plus savants que untel et untel ? » 

Ou encore : 

 » Êtes-vous plus pieux que ces savants ?!  » 

Ou bien encore : 

 » Comment ces savants pourraient ignorer telle chose et telle chose et vous, vous en avez connaissance. » 

Ces paroles qui émanent de ces individus sont trop nombreuses pour être toutes citées ici mais toutes sont fallacieuses et témoignent de ce que nous dénonçons : 

L’attachement et le suivisme aveugle des personnes et de leurs opinions, le fait de considérer ces paroles comme LA vérité absolue, et que, parce que ces personnes sont savantes, alors il ne peut leur échapper quoique ce soit, ni ils ne peuvent se tromper ou ignorer. 

Nous posons donc à juste titre une autre question à ces personnes : 

Le prophète صلى الله عليه وسلم n’a t-il pas dit que tous les enfants d’Adam sont sujets à l’erreur et que les meilleurs d’entre eux sont ceux qui s’en repentent ? 

Les savants de l’islam depuis l’aube de cette religion jusqu’à notre époque aujourd’hui ne font-ils pas partie des enfants d’Adam ? 

Comment donc des gens vivant en 1440 seraient infaillibles alors que même parmi les compagnons certains ont émis des fatawas dans lesquelles ils se sont trompés et sont tout de même récompensés pour l’effort fourni pour tenter d’être parvenu à la vérité et l’exactitude. 

Et que l’erreur qui émane de l’un d’eux suite à un effort pour parvenir à la vérité ne diminue en rien de leur valeur, contrairement à ce que voudraient faire croire ces individus peu scrupuleux, qu’Allah عز وجل réforme leur situation, en nous accusant de les rabaisser lorsque quelqu’un pointe une erreur et y répond, ce qu’il incombe de faire car il n’est permis de se taire sur l’erreur de personne, quel qu’il soit. 

Combien de fois les plus grands compagnons se sont répliqués les uns aux autres sur des positions que l’un d’entre eux a tenu ? 

Pour quelle raison ont-ils agi ainsi ? 

Nous faisons appel ici aux gens raisonnables et raisonnés. 

Ils ont agi ainsi pour une seule et unique raison : 

Le fait de placer la vérité au-dessus de toute personne et toute considération. 

C’est pour cette raison que les grands imams ont dit et ordonné de ne pas les imiter et suivre aveuglément mais de les suivre uniquement quand leurs paroles et leurs actes sont conformes avec ce qui est parvenu de la sounna du messager d’Allah صلى الله عليه وسلم 

Et ces gens-là qui vivent au 15eme siècle Hégirien veulent nous imposer le suivi d’untel ou untel dans tout ce qu’il dit ou fait, sous l’unique prétexte que cette personne fait partie des gens de science. 

Ces gens qui, dans leur prédication, n’ont pas insisté ou pas assez sur le fait que la parole d’un savant ne représente pas en elle-même une preuve. Ils ont toutes ces années éduqués les gens, non pas sur le suivi de la preuve mais sur le suivi des hommes parce que ces derniers sont des savants salafis.

Or la règle commune veut que l’on n’argumente pas par la parole d’un savant mais plutôt on cherche des arguments à celle-ci et la parole du savant est juste et recevable pour autant qu’elle demeure conforme à la preuve.

Mais tout savant qu’il est, le savant demeure englobé dans la parole du messager d’Allah صلى الله عليه وسلم : 

 » Tous les fils d’Adam sont sujets à l’erreur… » 

Ou traduit autrement : 

 » tous les fils d’Adam sont amenés à pécher. » 

Et qu’Allah récompense en bien notre sheikh Hassan ibn ‘Abdil Wahab al Banna qui nous a rappelé ce que nous venons de citer ici dans un entretien téléphonique daté d’il y a peu, dans lequel par ailleurs il réaffirmait que le sheikh Muhammed ibn Hady était toujours à ses yeux un savant et plus particulièrement un savant dans le domaine de la critique et de l’accréditation. 

Au même titre que notre sheikh Rabi’ et notre sheikh ‘Oubeyd حفظهم الله جميعا 

Mais pour jeter le discrédit sur leurs opposants, ces prédicateurs ont recours à des procédés fourbes pour conserver l’attachement de la masse des salafis autour d’eux. 

Ils accusent leurs opposants de déprécier ces deux sheikhs parce que nous rappelons simplement cette vérité que ces deux savants, et ce malgré leur rang peuvent voir juste et se tromper, peuvent ignorer et/ou oublier, qu’ils sont des êtres humains. 

Nous leur demandons à eux ainsi qu’à ceux qui ont été troublés par eux : 

Pourquoi acceptez-vous que ces paroles puissent être dites sur des savants de l’époque des salafs, des meilleurs siècles de l’islam ? Et elles sont dites à juste titre nous ne le répèterons jamais assez. Puis vous considérez ces mêmes paroles comme une forme de rabaissement voir d’insultes à l’égard de savants du 15ème siècle Hégirien. 

Ces grands savants de l’islam en ont fait le propre aveu sans que cela ne diminue rien de leur rang ou de la considération dont ils jouissent chez nous. 

L’imam Malik رحمه الله vous dit : 

إنما أنا بشر أخطئ وأصيب

 » Je ne suis qu’un être humain, je peux me tromper comme voir juste. » 

L’imam Abou Hanifa رحمه الله vous dit : 

فإننا بشر نقول القول اليوم ونرجع عنه غدا

 » Certes nous sommes des êtres humains, nous disons quelque chose aujourd’hui et nous revenons dessus le lendemain. » 

Et aujourd’hui nous faisons face à des gens s’affiliant à cette voie bénie qui nous interpellent en disant : 

« Penses-tu que sheikh Rabi’ puisse se tromper là dessus ?!!  » 

 » Vous pensez que sheikh ignore cela ?  » 

Ces gens s’imaginent ils qu’il y ait parmi nos savants, du premier au dernier celui qui n’a jamais fait aucune erreur ? Celui qui a englobé la science dans sa totalité ? 

Existe-t-il en dehors du messager d’Allahصلى الله عليه وسلم un homme de qui nous devrions tout accepter et le suivre dans absolument tout ce qu’il dit et écrit ? 

La réponse n’est-elle pas évidente pour tout un chacun ? 

Et j’oriente ici une question à la masse des salafis francophones et ce quel que soit le niveau de connaissance de chacun. 

N’êtes-vous pas en mesure de répondre à la question citée juste au-dessus ? 

Nous vous la reposons : 

Y a-t-il dans cette communauté un homme hormis le messager d’Allah صلى الله عليه وسلم qu’il nous incombe de suivre en tout, d’estimer que sa parole prévaut systématiquement peu importe la question et le domaine ? 

Si vous répondez par l’affirmative, alors nous n’avons d’autre choix que de vous dire qu’entre vous et nous il y a une barrière et que cette barrière est la méthodologie des gens de la sounna, eux qui ne sanctifient rien d’autre que la vérité, qui ne se fanatisent et ne suivent aveuglément aucun individu quel que soit le rang qu’il ait pu atteindre et la considération dont il jouisse. 

Et si cette affirmation vous apparaît être un rabaissement et une critique à l’égard des gens de science. Alors nous vous avons cité de leurs paroles ce qui suffit à vous convaincre qu’il n’en est rien mais que ces paroles sont l’expression et la manifestation de la vérité et qui n’est ni plus ni moins que la méthodologie des gens de la sounna. 

Et il y a une nette différence entre الاتباع et التقليد 

Le suivi légiféré (الاتباع الشرعي) est défini dans la parole d’Allah تعالى d’après la traduction approximative du sens du verset : 

(كِتَابٌ أُنْزِلَ إِلَيْكَ فَلَا يَكُنْ فِي صَدْرِكَ حَرَجٌ مِنْهُ لِتُنْذِرَ بِهِ وَذِكْرَىٰ لِلْمُؤْمِنِينَ اتَّبِعُوا مَا أُنْزِلَ إِلَيْكُمْ مِنْ رَبِّكُمْ وَلَا تَتَّبِعُوا مِنْ دُونِهِ أَوْلِيَاءَ ۗ قَلِيلًا مَا تَذَكَّرُونَ)

 

« Voici un Livre qui t’a été descendu ; qu’il n’y ait, à son sujet, nulle gêne dans ton cœur ; afin que par cela tu avertisses, et (qu’il soit) un Rappel aux croyants.  Suivez ce qui a été descendu sur vous de la part de votre Seigneur et ne suivez pas d’autres alliés que Lui. Mais vous vous souvenez peu.  » 

(al A’raf v.2/3) 

Quant au suivisme aveugle (التقليد) il consiste à agir en fonction de la parole de celui dont sa parole ne représente pas en elle-même un argument sans que celle-ci ne soit justement appuyée par un argument considéré comme tel. 

Citons également la définition donnée par son éminence, le sheikh Muhammed al Amin ash Shanqiti رحمه الله : 

 » c’est l’acceptation de la parole d’autrui sans connaître la preuve sur laquelle il s’appuie. Et sache que la parole d’autrui n’est dénommée ainsi que pour ce qui est en rapport avec son effort fourni pour édicter un avis. Quant à la parole citant les textes scripturaires, alors il n’appartient à personne d’avoir un avis là-dessus ni même d’avoir à y redire en raison de l’obligation de les suivre (les textes scripturaires) pour tout un chacun, car ici cela désigne un suivi légiféré et non une (simple) parole  qui pourrait donner lieu à un suivisme aveugle. 

Le fait d’adopter la parole du prophète صلى الله عليه وسلم ou encore le consensus n’est pas appelé suivisme aveugle, car ceci est la preuve intrinsèquement. » 

(moudhakara oussoul al fiqh, p.490) 

De même que l’imam Ahmed a distingué entre le suivisme aveugle et le suivi légiféré. 

Abou Daoud رحمه الله dit (à propos de l’imam Ahmed) : 

 » Je l’ai entendu dire : Le suivi légiféré consiste à ce que l’individu suive ce qui est parvenu du messager صلى الله عليه وسلم ainsi que de ses compagnons puis après s’agissant des successeurs, alors il a le choix. » 

(Massaïl Abi Daoud, p.113) 

Il رحمه الله a dit également : 

 » Compte parmi la compréhension déficiente de l’homme, le fait qu’il suive aveuglément les hommes à propos de sa religion. » 

(I’lam al mouwaqi’in, v.3/p.469) 

Il y a encore énormément à dire à ce sujet mais nous visons ici la concision afin que le lecteur même débutant puisse être éclairé et ne pas se sentir submergé par un flot d’informations. 

Pour conclure nous souhaiterions seulement revenir sur l’ambiguïté suivante qui est intrinsèquement liée à celle que nous avons cité au début de notre propos. Cette ambiguïté est la suivante : 

 » Comment s’imaginer et accepter que le savant puisse ignorer une chose alors que quelqu’un dont le rang et le mérite est moindre que lui soit au courant de celle-ci. » 

Et la réponse à cette ambiguïté se trouve dans le livre d’Allah عز وجل dans le récit du prophète Souleyman عليه السلام avec la huppe. Cet oiseau qu’Allah جل وعلا a gratifié d’une connaissance que le prophète Souleyman عليه السلام ignorait, et ce bien que le rang et le mérite de ce dernier sur la huppe fut supérieur et incontestable. 

Allah تعالى dit, dans la traduction rapprochée du sens du verset : 

(وَتَفَقَّدَ الطَّيْرَ فَقَالَ مَا لِيَ لَا أَرَى الْهُدْهُدَ أَمْ كَانَ مِنَ الْغَائِبِينَ لَأُعَذِّبَنَّهُ عَذَابًا شَدِيدًا أَوْ لَأَذْبَحَنَّهُ أَوْ لَيَأْتِيَنِّي بِسُلْطَانٍ مُبِينٍ فَمَكَثَ غَيْرَ بَعِيدٍ فَقَالَ أَحَطْتُ بِمَا لَمْ تُحِطْ بِهِ وَجِئْتُكَ مِنْ سَبَإٍ بِنَبَإٍ يَقِينٍ)

 » Puis il (Souleyman) passa en revue les oiseaux et dit: «Pourquoi ne vois-je pas la huppe? est-elle parmi les absents? Je la châtierai sévèrement ! ou je l’égorgerai! ou bien elle m’apportera un argument explicite». 

Mais elle n’était restée (absente) que peu de temps et dit : «J’ai appris ce que tu n’as point appris; et je te rapporte de Saba’ une nouvelle sûre. » 

(An Naml, v.20 à 22). 

Al Qurtubi رحمه الله dit dans le tafsir de ce verset : 

وفي الآية دليل على أن الصغير يقول للكبير والمتعلم للعالم : عندي ما ليس عندك ، إذا تحقق ذلك وتيقنه 

Et il y a dans ce verset ce qui prouve que le petit puisse dire au grand ou bien que l’étudiant dise à l’enseignant : je sais ce que toi tu ignores, lorsque ceci est concret et qu’il en ait la certitude. 

Le rang, le mérite et la science du prophète Souleyman عليه السلام ne surpassait-il pas le rang, le mérite et la science de cette huppe ? 

Bien entendu que si mais pour autant, sur une chose ou un détail précis, Allah عز وجل a démontré qu’un individu ou créature de rang moindre qu’une autre peut savoir ce que celui dont le rang est supérieur ignore. 

Toujours dans le livre d’Allah, dans le récit de Moussa عليه السلام et al Khadir. 

Le rang et le mérite du prophète Moussa عليه السلام était supérieur à celui d’al Khadir de manière générale. Pourtant Allah عز وجل éprouva Moussa par ce dernier et les connaissances qu’il lui avait conféré à lui aux dépens de Moussa عليه السلام 

Cela leur suffit-il ou bien faut-il que nous nous épanchions sur tous les cas où des compagnons dont le rang et la science étaient moindres que d’autres sahabas leur ont apporté une connaissance que ceux-là ignoraient malgré leur niveau de science et leur rang supérieur ? 

Encore une fois, nous interrogeons tout individu impartial et juste : 

Avec quel instrument ces personnes jaugent elles pour proférer de telles ambiguités et de telles paroles d’ignorance dans le seul but que les gens de la masse ne puissent ne serait-ce penser une seule minute qu’il soit possible, légiféré, permis voir obligatoire selon le cas de remettre en question la parole d’un individu et ce quel que soit le rang et le mérite qu’on lui connait ? 

Et nous concluons au sujet de cette ambiguïté par la parole de son éminence, le sheikh ‘Abdoullah Aba Bouteyn رحمه الله, l’un des fers de lance de la da’wa najdiya qui déclara : 

 » Et lorsque la vérité apparaît clairement à l’individu, celui-ci ne se sent pas dépourvu en raison du nombre infime de ceux qui sont en accord avec lui, ni en raison du nombre important des opposants, plus encore à la fin de cette époque. 

Et la parole de l’ignorant : 

 » Si telle était la vérité, elle n’aurait échappé à untel et untel. » Celle-ci converge avec la prétention des mécréants dans leur parole : 

 » Si ceci était un bien ils ne nous y auraient pas devancé. » 

Et ‘Ali رضي الله عنه a dit : 

Connais la vérité, ainsi distingueras-tu ses adeptes. 

Quant à celui qui est dans la confusion et le doute, toute ambiguïté le frappe. 

Si la plupart des gens aujourd’hui cheminaient sur la vérité, l’islam ne serait pas étranger, alors que par Allah elle est aujourd’hui au summum de l’étrangeté. 

Sheikh ‘Abdoullah Aba Bouteyn / Ad Dourar As Saniya / V.10 p. 400 – 401.

Le passage qui nous intéresse ici est le suivant, nous le répétons à nouveau : 

 » Et la parole de l’ignorant : 

« Si telle était la vérité, elle n’aurait pas échappé à untel et untel. » 

Celle-ci converge avec la prétention des mécréants dans leur parole : 

 » Si ceci était bien, ils ne nous y auraient pas devancé. » 

Comment le sheikh رحمه الله a t-il qualifié celui qui prononce de telles paroles ? 

Il a qualifié d’ignorant. 

Plus encore, cette ambiguïté converge avec la parole des mécréants qui pour rejeter ce à quoi le prophète صلى الله عليه وسلم les appelait disaient :  » Si ceci était un bien, ils ne nous y auraient pas devancer. » 

Comme eux disent aujourd’hui : 

 » pensez-vous que cela puisse échapper à sheikh ?  » 

 » Comment osez-vous dire que le sheikh ignore telle chose et que vous, vous soyez au courant ?? Êtes-vous plus savants que sheikh ? » 

Nous avons et tout le mérite en revient à Allah répondu à ces différentes allégations relevant du suivi des passions. 

Nous espérons que ce modeste article puisse, par la volonté d’Allah عز وجل et sa permission être la cause d’une remise en question de nos frères et sœurs ainsi que de ceux incriminés récemment parmi les prédicateurs francophones. 

Nous tenons à rappeler que malgré tout, nous n’avons jamais exclu l’un d’entre eux de la sphère de la salafiya car il ne nous appartient pas à nous de nous lancer dans le fait de rendre innovateur tout salafi ayant des erreurs plus ou moins graves et ce même si les erreurs et comportements dénoncés ici relèvent d’une certaine gravité. Ceci n’a jamais été notre voie et nous implorons Allah de nous en prémunir. 

Nous espérons que ce genre d’écrit puisse susciter le retour de ces personnes qui se sont dévoyées ainsi que de celles qui se sont laissées emporter à les suivre dans cette position contraire à la vérité.

Nous implorons Allah سبحانه وتعالى d’accepter ce modeste travail et de nous accorder la sincérité et sa satisfaction à travers tout ce que nous entreprenons. 

والله تعالى أعلم وصلى الله وسلم على نبينا محمد 

و سبحانك اللهم وبحمدك أشهد أن لا إله إلا أنت أستغفرك وأتوب إليك 

Achevé de mettre par écrit à Alger le 24 du mois de Rabi’ al akhir 1440 correspondant au 31 décembre 2018. 

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